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L'édito de la semaine est signé Arnault Varanne, rédacteur en chef du 7.
Un vrai temps de rentrée ! Le 1er septembre, Météo France annonce une matinée agitée dans la Vienne avec de la pluie le matin, des averses l’après-midi et un mercure à 23°C maximum. Une météo maussade qui ne fera oublier à personne les cinq vagues de chaleur enregistrées entre mai et août. A commencer par les usagers des écoles, collèges et lycées, dont le quotidien a été bouleversé. Epreuves du bac décalées, fermeture d’établissements, déplacement de classes dans des lieux frais… L’urgence a primé sur toute autre considération. « A chaque relevé de température, nous avons organisé des réunions de crise avec l’ensemble des services, témoigne Erica Martin, conseillère municipale poitevine déléguée à la Gestion des risques et à la Ville résiliente. Mais dans certains réfectoires et classes, il a fait 30 voire 32°C. »
Les 6 383 élèves de maternelle et d’élémentaire ont souffert, tout comme les quelque 620 agents municipaux. Et ce même avec l’achat de cent ventilateurs en avril, qui s’ajoutent aux 250 déjà présents dans les écoles (un par classe). L’école maternelle de Montmidi, ouverte en septembre 2024 et désignée comme exemplaire, a souffert, malgré son isolation en bottes de paille. « Dans le hall d’entrée avec de grandes baies vitrées, c’était carrément intenable », reconnaît l’élue. Qui esquisse quelques pistes pour l’avenir entre voiles d’ombrage, « une salle climatisée au minimum dans chaque école » et végétalisation des cours d’école. Reste qu’à ce stade, une seule est programmée : celle du groupe scolaire Pagnol-Pérochon dans le cadre de sa rénovation. L’échéance ? Fin 2029, une éternité.
Au collège, là aussi, le bâti chauffe et les élèves trinquent. « Dans les salles de certains établissements exposés au Sud et à l’Ouest, les températures relevées ont atteint 37-38°C », témoigne Franck Fauquembergue. Trois collèges ont même privilégié la vaisselle jetable pour éviter de faire grimper le mercure « à 50°C » dans les cuisines. « On ne va pas se mentir, on n’a jamais eu ce type de température, on est dans quelque chose d’inédit », reprend le directeur général adjoint en charge de la Jeunesse, de l’Education et de l’Epanouissement au Département, en charge des collèges. Même les bahuts les plus récents, pourtant équipés de menuiseries modernes, de VMC double flux, de ventilateurs au plafond ou de systèmes de surventilation nocturne peinent à amortir le choc de la canicule. « Il y a fait jusqu’à 28-30°C, et quand vous ajoutez les élèves… »
Tous les regards se tournent désormais vers le futur collège de Mirebeau, dont l’ouverture est programmée à la rentrée 2027. Le bâtiment sera construit avec des murs en béton de chanvre, ce qui lui donnera « une meilleure inertie et un temps de déphasage plus long ». Autrement dit, les conditions d’enseignement devraient y être beaucoup plus optimales à l’approche de l’été. « On aura aussi de très larges débords de toit, avec des ombres portées sur les façades Sud et Ouest », ajoute Franck Fauquembergue. Rien de magique cependant car, comme le rappelle Henri Colin, « ce sera plus difficile d’obtenir d’excellents résultats face au chaud car le dérèglement climatique va plus vite qu’on ne l’avait imaginé ». Le vice-président du Département estime que la RT (Réglementation thermique) 2020 est déjà dépassée.
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