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L'édito de la semaine est signé Arnault Varanne, rédacteur en chef du 7.
A sa création, en 1990, l'Association de formation et d'information pour le développement d'initiatives rurales (AFIPaR) avait pour mission d'accompagner les agriculteurs et les petites exploitations, en complément du travail des chambres d'agriculture. Trente-cinq ans plus tard, l'association basée à Melle a su faire évoluer ses actions au rythme des transformations du monde rural. Si elle accompagne toujours les producteurs vers les circuits courts, elle soutient désormais la création d'activités dans la Vienne et les Deux-Sèvres, avec un public devenu prioritaire. « En milieu rural, les femmes cumulent des difficultés spécifiques qui s'ajoutent à celles rencontrées par l'ensemble des entrepreneurs », observe Marion Saulnier, animatrice-formatrice et coordinatrice de l'AFIPaR dans la Vienne. Face aux banques ou aux partenaires institutionnels, les porteuses de projet peinent parfois à être reconnues comme pleinement légitimes. A cela s'ajoutent un réseau professionnel souvent moins développé et un manque de confiance qui peuvent freiner le passage à l'action. Pour répondre à ces difficultés, l'association anime des groupes de parole composés uniquement de porteuses de projet. « Ces rencontres permettent d'aborder des sujets très concrets : la gestion du temps, la prospection commerciale ou encore l'équilibre entre vies professionnelle et personnelle. Elles créent aussi un véritable espace d'entraide où chacune peut partager son expérience », souligne Marion Saulnier. Une manière de rompre l'isolement, particulièrement marqué dans les territoires ruraux. Faute de financements suffisants, ces groupes ont toutefois été mis en pause en 2026 afin de concentrer les moyens sur l'accompagnement individuel.
L'autre pilier de l'AFIPaR repose sur le dispositif régional Entreprendre en Nouvelle-Aquitaine (ENA). Après un premier rendez-vous destiné à cerner leurs besoins, les porteuses de projet bénéficient d'un accompagnement personnalisé, depuis l'étude de marché jusqu'à l'immatriculation de leur entreprise, en passant par l'élaboration du business plan. Aujourd'hui, près de 80% des personnes accompagnées sont des femmes. Souvent âgées de 35 à 50 ans et en reconversion professionnelle, elles cherchent à faire coïncider leur projet de vie avec leur activité. Les initiatives soutenues reflètent cette diversité : maraîchage associé à une épicerie ambulante, ferme florale, café multiservices, commerce de proximité ou encore métiers du bien-être, comme la sophrologie, le shiatsu ou la réflexologie. « Au-delà de la création d'une entreprise, ces projets répondent souvent à un besoin du territoire. Ils intègrent une forte dimension sociale ou environnementale et traduisent la volonté des porteuses de projet de donner davantage de sens à leur activité », conclut Marion Saulnier.
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