Canicule, sécheresse, risque d’incendie… 
À quelques semaines 
de l'ouverture de la 
saison, les chasseurs 
de la Vienne doivent composer avec des conditions inédites.

Pierre Bujeau

Le7.info

Le thermomètre affiche encore plus de 35°C en ce mois d’août. A quelques semaines de l'ouverture générale de la chasse, fixée au 13 septembre, l'ambiance est, comme dans bon nombre de secteurs, inhabituelle. À la Fédération départementale des chasseurs de la Vienne, les validations de permis arrivent plus lentement que les années précédentes. Pas en raison d'une évolution de la réglementation ou d’un autre facteur, mais bien d'un contexte climatique exceptionnel. « Les gens n'ont tout simplement pas la tête à ça. Quand il fait 35 ou 40°C, on ne pense pas à aller chasser, comme on ne pense pas à aller courir ou faire les magasins », observe Maxence Ronchi, directeur de la fédération. Pour autant, ce ralentissement ne suscite pas d'inquiétude particulière. Les chasseurs amenés à intervenir dès le début de la saison, notamment pour limiter les dégâts agricoles, ont déjà renouvelé leur validation. Les autres attendent, peu enclins à sortir.


Une faune qui s'adapte

Sur le terrain, la chaleur modifie déjà le comportement de la faune sauvage. Les sangliers se réfugient dans les secteurs les plus frais ou les cultures irriguées, tandis que certaines espèces plus fragiles, comme le chevreuil, pourraient subir les conséquences d'un manque de ressources alimentaires, avec un possible « effet cohorte » qui pourrait affecter la qualité des populations sur plusieurs générations. « Les jeunes animaux disposent de moins de réserves. Lors des épisodes de sécheresse, leur développement peut être plus difficile », explique le directeur. Si aucune surmortalité n'a, pour l'instant, été constatée dans la Vienne, la fédération reste attentive à l'évolution des populations. Pour autant, aucune consigne préfectorale n'est venue limiter les prélèvements. « Les plans de chasse ont été fixés avant de connaître les conditions climatiques », rappelle le directeur, qui souligne aussi le risque de dégâts agricoles en cas de moindre régulation. 


Une pétition 
qui fait parler

Alors que plusieurs centaines de milliers de personnes ont signé une pétition réclamant une suspension de la chasse pendant les fortes chaleurs, notamment après les incendies qui ont ravagé le Sud-Ouest, Maxence Ronchi appelle à éviter les réactions dictées par l'émotion. « Les chasseurs sont des gens de terrain. Ils savent très bien qu'on ne fait pas courir un chien ou que l'on ne dérange pas inutilement des animaux lorsqu'il fait 40 degrés. Il n'y a pas besoin d'un arrêté pour appliquer le bon sens. » Durant les périodes de risque d’incendie maximal, des arrêtés préfectoraux sont d'ailleurs déjà venus limiter les horaires de chasse, autorisant uniquement les sorties matinales.

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