Barbara Jovino, de la plume au sécateur

Après plus de quinze ans consacrés à la littérature, Barbara Jovino entame cette année ses premières vendanges comme vigneronne à Poitiers. Sur les traces de ses aïeux, elle a reconstitué pas à pas un domaine de 3 hectares, baptisé « Les Téblats ». Son vin, bio et naturel, sera commercialisé courant 2027.

Le7.info

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Pour Barbara Jovino, ces vendanges resteront, à n'en pas douter, à jamais gravées dans sa mémoire. Non pas pour leur précocité, imputable à un été particulièrement chaud, mais parce que ce sont celles qui concrétisent un projet mûri depuis plus d’une décennie : s'installer comme vigneronne à Poitiers. Plus précisément au Breuil-Mingot, au lieu-dit Les Téblats, dans l'ancienne propriété de son grand-père.

Pourtant, rien ne prédestinait cette femme de 41 ans à reprendre le flambeau. Après des études à Tours et une thèse en littérature comparée menée entre la France et l’Allemagne, Barbara Jovino s’oriente vers l’enseignement. Métier qu’elle exercera pendant dix ans. C'est un peu par hasard qu'elle renoue avec ces sensations de l’enfance en venant prêter main-forte à un ami pour les vendanges en Bourgogne. À partir de là, pendant huit ans, elle partage son temps entre l’enseignement et le travail de la vigne avant d’obtenir un BTS viticulture-œnologie à Dijon en 2024. « J’avais ce besoin de travailler la terre dehors, qu’il vente ou qu’il pleuve », explique-t-elle, comme un vieil atavisme familial. Elle a fait ses armes chez Christian Clerget, en Bourgogne. « L’héritage de la ferme de mon grand-père a été l’étincelle qui m’a poussée à m’installer. Je suis la 4e génération à vivre dans ces murs. »

Des vignes à Poitiers

Elle rachète d'abord les vignes familiales, aux portes de Poitiers, à Chalon, puis part ensuite à la recherche d'autres parcelles autour de la ville. Elle les trouvera à Champigny-en-Rochereau. « Des vignes en pinot noir bio. » Aujourd'hui, le domaine compte trois hectares, une taille qu'elle ne souhaite pas dépasser. Elle travaille les vignes, de pinot noir, de cabernet franc et de cépages hybrides résistants(1), en viticulture biologique inspirée des pratiques du vin nature, selon le procédé de la biodynamie(2). 
« L'objectif est de produire, la première année, 4 500 bouteilles et d'atteindre 10 000 bouteilles d'ici quatre ans. »

Passionnée de l’écrit, elle est aussi allée puiser dans les archives départementales pour connaître l’histoire de ce vignoble -« la Vienne comptait plus de 44 000 hectares de vignes, jusque dans Poitiers même »-, mais aussi la typicité des sols qu’elle n’hésite pas à comparer à ceux de la Bourgogne. « Nous avons tout ici pour faire de grands vins ». Elle espère que ses trois premières cuvées seront à la hauteur de ses attentes, « un vin léger, peu alcoolisé et fidèle au terroir ».

(1)Le Plantet et l’Oberlin.


(2)La biodynamie va plus loin que le bio : elle traite la vigne et son sol comme un écosystème vivant, utilise des préparations naturelles et suit les rythmes lunaires.

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