Avec MedGPT, le CHU a son IA

Le CHU de Poitiers a déployé au printemps une solution d’intelligence artificielle destinée à répondre aux besoins des professionnels de santé, avec des règles strictes. MedGPT a été développée par la société bordelaise Synapse.

Arnault Varanne

Le7.info

L’intelligence artificielle essaime à l’hôpital depuis cinq ans, bien avant l’invasion des outils d’IA générative tels que ChatGPT, Claude ou Mistral. 
« Mais jusque-là, elle était principalement dédiée à l’imagerie médicale et donc restreinte aux professionnels de ce domaine », 
précise Alain Lamy, directeur du système d’information du CHU de Poitiers. Au-delà de cet usage spécifique, l’établissement offre désormais la possibilité à tous ses agents, à commencer par les 800 médecins et internes, d’effectuer leurs recherches sur MedGPT. Une appli de référence qui doit permettre d’éviter le fameux effet « shadow IA », autrement dit le recours à des IA généralistes moins fiables. De toutes les manières, les accès étaient bloqués sur les ordinateurs professionnels… mais pas sur les téléphones.

« Un outil d’aide, 
pas la solution »

Avec la solution développée par la société bordelaise Synapse, les personnels connaissent la fiabilité des sources et savent que les données sont protégées, souveraineté oblige. Le contrat qui lie les deux parties court sur quatre ans. A ce jour, « on enregistre une cinquantaine de requêtes par jour, relève Alain Lamy. C’est assez récent et les médecins l’utilisent lorsqu’ils ont une problématique. Nous estimons que le besoin est probablement supérieur. Nous ferons une campagne de sensibilisation et nous tournerons sans doute ensuite autour des 150 à 200 requêtes par jour. Mais les premiers retours qualitatifs sont très bons. » Comme le 
Dr Guillaume Herpe, radiologue et référent IA, Alain Lamy rappelle le cadre. « L’IA est un outil d’aide au diagnostic, pas la solution en elle-même. Elle ne remplace pas le professionnel. » D’ailleurs, le CHU a élaboré en amont une charte technique, juridique et éthique du bon usage de l’intelligence artificielle.

Diagnostic du cancer 
du sein

Au début du printemps 2027, l’établissement poitevin pourrait devenir l’un des premiers, en France, à se doter d’une autre solution très prometteuse en anatomopathologie. Nom de code : 
CleoBreast, élaborée par la société Primaa. Objectif : mieux repérer les cancers du sein à partir des tissus cellulaires. 
« Les scans de lames de prélèvements des tissus sont analysés et l’IA fait des suggestions » 
Plus largement, les CHU de Poitiers, Bordeaux, Limoges mutualisent leurs ressources et leurs compétences pour élaborer des solutions d’IA. Ils investissent actuellement dans une infrastructure de serveurs basée à Limoges (700 000€ au total), pour obtenir des puissances de calcul conformes aux besoins.

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