Nicolas Vrignaud, façonneur d’images

Depuis une cabane au fond de son jardin à Poitiers, Nicolas Vrignaud a modelé l'image de deux des plus gros succès du documentaire animalier français, La Panthère des neiges et Le Chant des forêts. Son métier : étalonneur.

Le7.info

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815 000 entrées pour La Panthère des neiges, auréolé d'un César du meilleur documentaire ; 1,4 million pour Le Chant des forêts et deux César. Deux succès du box-office dont les images ont d’abord fait un passage par une cabane au fond d'un jardin à Poitiers.

C'est en effet depuis un ancien appentis aménagé en studio que Nicolas Vrignaud, étalonneur de profession, a façonné leur identité visuelle. « Même moi, ça me fait sourire de penser que ces deux gros succès sortent de ce lieu », s'amuse-t-il. Un travail pourtant primordial. « L'étalonnage, dans la chaîne de production d'un film, est une fonction confidentielle, mais qui joue un rôle essentiel dans le rendu final », explique-t-il. Derrière ce mot un peu technique se cache un métier de précision : donner sa couleur, sa lumière et son unité à un film, plan après plan, au service d'une intention émotionnelle, jusqu’à pouvoir même diriger le regard du spectateur sur un point précis.

Son « antre » comprend un écran de référence calibré pour le cinéma, couplé à une carte vidéo, des oscilloscopes qui analysent en temps réel le signal vidéo et une table de mixage pour l’image. « Ce que je vois sur mon écran, c'est exactement ce qui sera projeté en salle. »

Autodidacte 
de la couleur

Sa formation de réalisateur de documentaire animalier à l'Iffcam(1), près de Ménigoute, l'a mené sur ce chemin. « Auparavant, j’occupais des postes d’éducateur à l'environnement, notamment au Jardin aux insectes à Poitiers. Mais, en tant que passionné d'ornithologie depuis tout petit, lorsqu’en 2005, j’ai appris que cette formation venait d'être créée, j’ai sauté sur l'occasion. » Il y a abordé toutes les phases de la réalisation, mais ce qui l’a attiré surtout, c’est le travail de l'image. Il se plonge alors seul, en autodidacte, dans la science de la couleur et des courbes de contraste. Très vite, il développe des collaborations sur plusieurs tournages, principalement des documentaires animaliers.

La plus marquante, avec Vincent Munier(2), s’est faite de façon fortuite. « Vincent était alors en couple avec Marie Amiguet, la co-réalisatrice de La Panthère des neiges, qui a fait la même formation que moi. Un jour en vacances chez eux, ils m’ont proposé de regarder le film quasi finalisé. Mes retours sur les images les ont décidés à refaire entièrement l’étalonnage, jusque-là confié à une société parisienne. » Résultat : une confiance renouvelée pour le film Le Chant des forêts(2). Malgré ces succès, Nicolas Vrignaud reste sélectif dans ses choix professionnels : jamais de publicité, des projets institutionnels choisis avec soin, et l'essentiel de son temps consacré au documentaire animalier.

(1)Institut francophone de formation au cinéma animalier, formation unique en Europe.


(2)César du meilleur film documentaire pour La Panthère des neiges et meilleur documentaire et meilleur son pour Le Chant des forêts.

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