Diététicienne à La Vie la santé du CHU de Poitiers, Delphine Ladril vous initie cette semaine à la cuisson douce.
Pour bon nombre d’amateurs de bonne chère, cuire un rôti de bœuf deux heures dans un four à 80°C tient de l’hérésie. Et pourtant les bénéfices sont bien là : moins de particules toxiques, des économies d’énergie et une saveur inimitable. Le constat est le même concernant les autres aliments. Poisson, légumes, féculents… Tout peut être cuit à basse température et/ou avec un mode de cuisson doux. Et une cuisson qui n’agresse pas le produit permet notamment d’améliorer ses qualités nutritionnelles. En effet, les concentrations de certains composés nutritifs (vitamine C et acides gras oméga 3 par exemple) diminuent à la cuisson. Et plus la température de cuisson est élevée, plus la déperdition est importante. Il est donc intéressant de privilégier les cuissons du type vapeur ou wok. La cuisson au four est également intéressante à des températures inférieures à 100°C si possible et/ou à l’étouffée (papillote avec du papier sulfurisé par exemple). Si vous préférez la cuisson à la poêle, pensez à limiter la puissance de chauffage (pas plus de deux tiers de la puissance maximale de votre installation) et à adapter les matières grasses pour utiliser celles prévues pour la cuisson : huile d’olive, huile de coco ou de tournesol. Attention toutefois à ne pas les faire fumer ! Et la friture ? A limiter si possible à une fois par semaine, avec une huile adaptée et éventuellement en utilisant un air fryer. L’utilisation de ce mode de cuisson est toutefois à restreindre car les températures de cuisson sont relativement élevées. La cuisson au barbecue étant l’une des plus délétères pour la santé, pensez à faire mariner vos aliments et à les cuire au moins à 10cm des braises. Cela permet de limiter le dépôt et l’ingestion de particules de combustion. Quant au micro-ondes, un usage modéré est recommandé.