Pierre Bujeau

Le7.info

Arrivée le 1er septembre à la tête du centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne, Séverine Dupart retrouve un établissement marqué par une forte surpopulation carcérale, avec un taux d’occupation de 203%. La nouvelle directrice détaille ses premières priorités et la ligne qu’elle souhaite donner à l’établissement.

Après quelques jours à la tête de l’établissement(1), quel premier regard portez-vous sur son fonctionnement et ses équipes ?
« Le centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne est un très bel outil. De récents travaux et des moyens financiers importants ont été engagés pour améliorer la sécurité au sein de l’établissement. Vivonne accueille des profils dangereux, notamment des personnes condamnées pour des faits liés à la criminalité organisée. Cela implique de disposer de moyens matériels importants. Cela passe notamment par un dispositif anti-hélicoptère, la mise en place de brouilleurs pour se prémunir contre les drones ou encore l’étanchéité des cellules d’isolement, pour améliorer le confort. »

Dans ce contexte, quelles seront vos priorités dans les prochains mois ?
« La lutte contre les violences est centrale, avec une sécurité active renforcée. C’est un fait, il y a davantage de personnes détenues : 1 300 supplémentaires, sans création de places à Poitiers-Vivonne (le taux d’occupation atteint 203%, ndlr). Les conditions d’incarcération et la promiscuité engendrent ces violences. Il va donc falloir garder ce savant équilibre entre le management des officiers d’encadrement et le bon fonctionnement de l’établissement. »

« La sécurité […] ne peut pas être dissociée de l’humain. »

Comment comptez-vous agir concrètement pour améliorer les conditions de détention et de travail des surveillants pénitentiaires ?
« Cela devra passer tout d’abord par un diagnostic. Ce dernier doit nous éclairer et révéler les sujets prioritaires dans cet établissement précis. Je ne peux pas m’avancer sur des annonces à ce stade. Plusieurs autres missions m’incombent, comme le respect du Plan Équité, qui vise à apporter une réponse managériale face aux absences répétées ou injustifiées. Cela passe notamment par de l’accompagnement et des entretiens de retour, avec l’objectif de redonner confiance aux personnels. C’est le même objectif que l’on poursuit en décorant des surveillants qui ont fait preuve de bravoure en empêchant des agressions. Ils sauvent des vies(2). »

Après près de trente ans dans l’administration pénitentiaire, qu’est-ce qui vous paraît aujourd’hui le plus important dans la direction d’un établissement comme Vivonne ?
« La sécurité reste évidemment essentielle, mais elle ne peut pas être dissociée de l’humain. Il faut être attentif aux personnels, à leurs conditions de travail, mais aussi aux personnes détenues. C’est cet équilibre qu’il faut parvenir à maintenir au quotidien. »

(1)Séverine Dupart avait déjà officié quelques semaines à Vivonne, en qualité de directrice par intérim, il y a quatre ans.

(2)Deux surveillants ont été honorés lors de la cérémonie d’installation du 15 septembre, à la suite de l’agression du directeur par intérim survenue le 27 juillet.

À lire aussi ...