L’abbaye de Saint-Savin s’ouvre au digital

Fermée au public en raison de l’épidémie de Covid-19, l’abbaye de Saint-Savin a initié la semaine dernière une visite virtuelle en partenariat avec la société Conferentia. Les passionnés d’histoire ont apprécié.

Arnault Varanne

Le7.info

Comme la plupart des monuments du patrimoine et des sites touristiques de France, l’abbaye de Saint-Savin est privée de ses visiteurs depuis la fin octobre pour une durée indéterminée. Les équipes de la Belle Audacieuse sont évidemment pressés de les retrouver. Mais en attendant, elles ne restent pas les bras croisés. Le 25 janvier, le site s’est offert une escapade sur le Web, à travers un live vidéo d’1h43. « La société Conferentia nous a sollicités à l’automne pour nous présenter son concept de conférences commentées, détaille Antonin Barrault-Baudy, responsable communication et relations presse de l’abbaye. Nous avons trouvé l’idée très intéressante parce qu’elle apporte la culture à des gens confinés. »

Huit cents personnes se sont inscrites au préalable pour plonger gratuitement dans l’histoire de ce site inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1983. Aux commentaires : Gaëtan Raynaud, médiateur culturel de l’abbaye. Au final, 460 personnes de France et du monde entier ont interagi avec lui. La conférence est visible en replay sur Facebook et Youtube. Pour un coup d’essai, ce fut donc un coup de maître. « On sent que ça bouge au niveau digital et nous devons nous adapter. »

Sur Instagram aussi

La mise à disposition de nouveaux compagnons de visite -des tablettes- a constitué un premier pas en 2019. Ce « live » fut le troisième. Car entre-temps, Saint-Savin a initié un partenariat avec l’office du tourisme du Ruffecois, le château d’Angers et le musée de la tapisserie de Bayeux. Nom de code : Globe-trotter. Réseau social utilisé : Instagram. Objectif visé : « créer des passerelles avec des sites français et échanger des contenus liés à l’art pictural et aux mosaïques ». La Tapisserie de Bayeux, chef-d’œuvre brodé de 70m de long, qui présente une scène de navigation avec des embarcations d’inspiration viking, n’a-t-elle pas un lien avec le drakkar de la fresque « L’arche de Noé » présentée à l’abbaye ? Antonin Barrault-Baudy ne s’en cache pas, il est aujourd’hui « nécessaire de casser les codes et les stéréotypes qui consistent à penser qu’une abbaye est forcément froide et austère ». Dans le même esprit, Saint-Savin devrait inaugurer en mars une expo... d’art contemporain baptisée GR21. Enfin, si la crise sanitaire ne joue pas trop les prolongations. Dans cette période d’incertitudes maximales, le digital reste un vrai champ d’exploration.

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