Reconstruire pour avancer

À la fois bouleversant et intimiste, le long-métrage La Maison des femmes vous plonge dans le quotidien de ces héroïnes de l’ombre.

Le7.info

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« Ici, on reconstruit. » Cette réplique, prononcée par Karin Viard, ne pourrait pas mieux résumer La Maison des femmes. Le film, écrit et réalisé par Melisa Godet, documente le travail d’une équipe accompagnant des femmes victimes de violences dans leur processus de reconstruction. Inspiré des actions de la Maison des femmes de Saint-Denis, il met en scène Diane (Karin Viard), responsable d'un centre parisien menacé de fermeture en raison du manque de moyens financiers et d'un effectif limité. Avec son équipe, elle va devoir se battre pour sauver l'établissement et ne pas abandonner les patientes en détresse, dans un contexte marqué par un manque de considération politique et médiatique.

Les personnages sont emblématiques, notamment Awa (Eye Haidara), figure d’opposition dans un monde d’hommes. Les autres membres de l’équipe sont aussi soudés qu’attachants. Le spectateur est confronté à la dureté de leur travail et aux conséquences psychologiques sur leur quotidien. Les témoignages des patientes apportent également du poids au récit. Filmés durant des ateliers, autant de groupes de paroles, ces moments renforcent l’immersion. Ils permettent de traiter différentes thématiques liées aux traumatismes subis par ces femmes (viols, violences conjugales, féminicides) mais aussi des notions plus larges comme le patriarcat et la masculinité toxique. Le quotidien de ces victimes, très souvent de nationalité étrangère, ouvre également une réflexion sur l’immigration et la prise en charge de ces femmes en France.

L’action se déroule essentiellement dans la maison d’accueil entraînant une sensation de huis clos. Cela peut faire écho à l’emprisonnement de ces femmes qui vivent sous l’emprise de la violence. Les musiques accompagnent magnifiquement le récit. Une tension permanente accentue la situation d’urgence qui pèse sur le centre. Le spectateur est face à une sorte de course contre la montre qui rend l’action palpitante. Seules quelques scènes viennent apporter de la légèreté. Pendant près de deux heures, La Maison des femmes nous amène à réfléchir sur ce qu'est être une femme dans la société actuelle, jusqu'à ce slogan final qui résonne comme un cri : 
« Pas une de plus ».

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