L'édito de la semaine est signé Arnault Varanne.
En démocratie, la capacité à s’écouter et se respecter, malgré des opinions divergentes, est l’un des fondements principaux. Mais lorsque les insultes, les menaces, invectives et autres appels à la violence pullulent, une ligne jaune est franchie. (Sombre) magie des réseaux sociaux, on se permet derrière son clavier ce qu’on ne s’autoriserait pas dans la vie quotidienne régie par quelques codes d’éducation primaires. La semaine dernière, Mahyar Monshipour a révélé au grand jour « [se] sentir en danger », depuis l’année dernière et son opposition frontale à Teddy Riner sur le très délicat sujet du port du voile dans le sport. Celui qui remercie « Trump
et Netanyahou » sur tous les plateaux télé d’être intervenus en Iran, son pays, suscite un torrent de haine. Le sextuple champion du monde de boxe n’est pas le dernier à « rendre les coups » dans un style parfois rugueux. N’empêche, son avocate est saisie et compte bien attaquer tous ceux qui dépassent les limites fixées par la loi. A raison. On ne transige pas avec la liberté d’expression, surtout lorsqu’elle est menacée par quelques fanatiques.