Hier
Pour beaucoup, le message est devenu ritournelle. Rengaine lancinante murmurée, depuis près de vingt ans, aux oreilles des quinquas et plus, et pourtant si peu entendue. A tout le moins comprise comme une exhortation à agir. A prévenir. A vivre. Prévenir le cancer du côlon -ou du rectum-, c'est vivre avec la quasi certitude que la maladie ne frappera pas à la porte du destin. C'est accepter l'idée qu'un simple dépistage saura vaincre jusqu'au plus sournois des adversaires. « Un cancer colorectal détecté tôt guérit 9 fois sur 10 », résume l'Institut national du cancer.
Alors, à quoi bon mégoter ? Parce que vous avez entre 50 et 74 ans, vous devez vous sentir privilégié. Oui, privilégié ! Privilégié que l'Assurance Maladie prenne autant soin de vous. Privilégié que l'on vous convie nommément, tous les deux ans, par courrier, à soumettre vos selles à l'analyse. Et privilégié qu'on vous propose des examens complémentaires en cas de diagnostic positif. « Ce dépistage est non invasif, le processus simple à comprendre et financièrement indolore, explique le Dr Sarah Ettatoui, médecin coordinateur Vienne-Deux-Sèvres du Centre régional de dépistage des cancers. A première vue, il n'y a donc aucun frein à ce que les personnes concernées par ces dépistages y consentent. Et pourtant... »
Et pourtant, le « taux de participation » est encore trop faible, à l'échelle du pays comme du département. « La situation nationale est stable, autour de 32-33%, poursuit le Dr Ettatoui. En 2025, la Vienne, elle, a connu une légère « embellie » à 35%. C'est mieux mais encore trop peu. »
Mais pourquoi donc de telles réticences à se faire dépister ? Le médecin a son idée sur la question. « Pour les uns, on parlera de négligence. D'autres cultivent l'art de repousser et de repousser encore le passage de la parole aux actes et finissent par tarir les situations. Il y a aussi toutes celles et tous ceux qui par peur des résultats, n'osent pas franchir le pas de l'analyse. Enfin, je suis convaincu qu'une majorité de « candidats potentiels » sont certains qu'en l'absence de symptômes, ils sont bien portants et qu'ils n'ont aucune raison de changer leurs habitudes. Ils se trompent. » Qu'importe quel type de « candidat » vous êtes. L'heure est venue de tomber le masque.
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