Cancer : le colorectal, c'est pas fatal !

Deuxième cause de décès par cancer en France, le « colorectal » touche quatre hommes sur cent et deux femmes sur cent, généralement après 50 ans. Quand sonne l'heure de Mars Bleu s'impose la nécessité d'éveiller les consciences. Le dépistage organisé, c'est rapide, gratuit, sans risque.

Nicolas Boursier

Le7.info

Pour beaucoup, le message est devenu ritournelle. Rengaine lancinante murmurée, depuis près de vingt ans, aux oreilles des quinquas et plus, et pourtant si peu entendue. A tout le moins comprise comme une exhortation à agir. A prévenir. A vivre. Prévenir le cancer du côlon -ou du rectum-, c'est vivre avec la quasi certitude que la maladie ne frappera pas à la porte du destin. C'est accepter l'idée qu'un simple dépistage saura vaincre jusqu'au plus sournois des adversaires. « Un cancer colorectal détecté tôt guérit 
9 fois sur 10 », résume l'Institut national du cancer.

Alors, à quoi bon mégoter ? Parce que vous avez entre 50 et 74 ans, vous devez vous sentir privilégié. Oui, privilégié ! Privilégié que l'Assurance Maladie prenne autant soin de vous. Privilégié que l'on vous convie nommément, tous les deux ans, par courrier, à soumettre vos selles à l'analyse. Et privilégié qu'on vous propose des examens complémentaires en cas de diagnostic positif. « Ce dépistage est non invasif, le processus simple à comprendre et financièrement indolore, explique le 
Dr Sarah Ettatoui, médecin coordinateur Vienne-Deux-Sèvres du Centre régional de dépistage des cancers. A première vue, il n'y a donc aucun frein à ce que les personnes concernées par ces dépistages y consentent. Et pourtant... »

65% de réticents

Et pourtant, le « taux de participation » est encore trop faible, à l'échelle du pays comme du département. « La situation nationale est stable, autour de 32-33%, poursuit le Dr Ettatoui. En 2025, la Vienne, elle, a connu une légère « embellie » à 35%. C'est mieux mais encore trop peu. »

Mais pourquoi donc de telles réticences à se faire dépister ? 
Le médecin a son idée sur la question. « Pour les uns, on parlera de négligence. D'autres cultivent l'art de repousser et de repousser encore le passage de la parole aux actes et finissent par tarir les situations. Il y a aussi toutes celles et tous ceux qui par peur des résultats, n'osent pas franchir le pas de l'analyse. Enfin, je suis convaincu qu'une majorité de « candidats potentiels » sont certains qu'en l'absence de symptômes, ils sont bien portants et qu'ils n'ont aucune raison de changer leurs habitudes. Ils se trompent. » Qu'importe quel type de « candidat » vous êtes. L'heure est venue de tomber le masque. 

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