A Poitiers, l’équitation pour tous

Le centre équestre de Grand Poitiers est l’un des derniers, en France, à être géré en régie publique. Une exception qui permet d’élargir l’accès à l’équitation à des personnes, enfants comme adultes, moins aisées ou en situation de handicap.

Steve Henot

Le7.info

Grâce à la semaine de l’olympisme, c’est encore une vingtaine d’écoliers qui ont découvert l’équitation, au centre équestre de Grand Poitiers. Une aubaine en cette période troublée par la crise sanitaire et l’arrêt de nombreuses activités extrascolaires. L’accès au grand manège étant interdit, l’initiation a eu lieu sous le petit manège extérieur. Avec charlotte sous le casque et masque de rigueur.

Si le centre peut accueillir régulièrement des scolaires -environ 600 par an, issus de toute la communauté urbaine- c’est parce qu’il est géré en régie publique par Grand Poitiers. En France, ils ne sont plus que deux ou trois à fonctionner de la sorte. « Une vraie particularité qu’il faut préserver, soutient Anthony Brottier, vice-président de Grand Poitiers, en charge des sports. Car c’est aussi ce qui nous permet de proposer une activité accessible à tous. »

En effet, le centre équestre propose aux Poitevins des tarifs préférentiels calculés selon le quotient familial. « Il y a plus de demandes qu’on ne peut en accepter », reconnaît l’élu. L’établissement compte aujourd’hui entre 550 et 600 licenciés, adultes comme enfants. Un engouement que la crise sanitaire a peu freiné. « On est dans l’adaptation permanente depuis un an, mais les cavaliers répondent présents, ils ont envie de venir, observe Emilie François, chargée de mission et responsable de la structure. On maintient le lien avec eux grâce à notre blog. »

Accès aux personnes handicapées

Privés de cavaliers lors du premier confinement, les soixante chevaux permanents ont nécessité une attention quotidienne des vingt-et-un salariés du centre. Dans ce contexte, il n’y a pas eu d’examen en 2019-2020. Ils devraient être maintenus cette saison, plutôt sous la forme de stages de préparation et de cours continus. « On est prêt », assure Emilie François. La section sportive (pony games) menée en lien avec le collège Jean-Moulin est, quant à elle, privée de concours depuis des mois.

Sans compter la fermeture forcée du grand manège qui, en cette période hivernale, réduit l’activité. Cet espace reste néanmoins ouvert aux personnes handicapées. « On crée des projets avec onze instituts (Apsa, IME, CH Laborit…), en prenant compte des problématiques de chaque individu. On touche là à tous les handicaps », souligne Emilie François. Trois monitrices ont été spécifiquement formées, huit chevaux du centre entraînés à travailler avec ce public. Le matériel, lui aussi, a été adapté (*). « Quand on le sent bien, on tente d’associer un cheval qui n’a pas cette expérience à l’une de ces personnes. On est souvent surpris, ça se passe toujours très bien. »

(*) En 2013, le centre a participé à la validation de la première selle hippolib, adaptée aux personnes handicapées.

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