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Christophe Dufaux du « je » au jeu
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Même bardage bois, même surface de 40m2, même accès par QR Code… De Bournand, où la première de la Vienne a pris place en novembre, à Bignoux où la cinquième ouvre vendredi, les supérettes en libre-service Api sont toutes fabriquées -en France- sur le même modèle. Et le concept séduit. « La volonté d’Api est de s’implanter dans des villages où il n’y a pas de commerce, avec l’autorisation des mairies, afin de participer activement à la revitalisation des zones rurales », explique-t-on du côté de la société charentaise. En un an et demi, 57 « super supérettes » ont été installées dans l’Ouest. « La formule des commerces classiques ne fonctionne pas dans les petites communes ! », tranche Thierry d’Hueppe, 2e adjoint à la mairie de Bournand (900 habitants). Ici, l’épicerie a vécu, quelques années seulement. « Avec Api, les clients ont accès à 700 références accessibles 24h/24 et à des prix de supermarché. C’est un service qui ne coûte rien et la commune est dégagée de la partie gestion. » Des arguments qui ont séduit Bignoux. « Nous souhaitions installer un multiservices, mais qui soit différent de la Coop de Sèvres-Anxaumont ou du Carrefour Contact de Saint-Julien-l’Ars, pour ne pas créer de concurrence, souligne le maire Emmanuel Bazile. En plus, Api permet d’introduire des produits locaux. » La commune n’a déboursé que le coût d’un branchement électrique, compensé sous deux ans par le loyer.
A Bournand, une centaine de clients ont déjà activé leur QR Code pour accéder à la supérette automatisée… mais pas déshumanisée. Non seulement un « apicier » passe 6j/7 mais « les gens se croisent, assure-t-on chez Api. Et même si tout est automatisé, les supérettes ont un vrai impact en termes de lien social. »
Tout ne semble pas aussi rose dans le monde du commerce traditionnel, malgré une implication financière des collectivités, à toutes les échelles. En juin 2023, la Première ministre a lancé depuis le Sud-Vienne le plan France Ruralité 2023-2027 (12M€). De son côté, la Région, parallèlement à son soutien de 250 000€ au développement d’Api, a mis en place des aides « aux derniers commerces multi-services et TPE » et « aux commerces TPE et services du quotidien » (198 720€ pour 23 projets depuis mars 2023). Elle accompagne aussi les investissements productifs des TPE à raison d’1€ pour chaque euro investi par le territoire (49 000€ engagés à ce jour). Quant au Département, il intervient sur le volet immobilier.
A Ceaux-en-Loudun (565 habitants), les 700 000€ nécessaires à l’implantation d’un multiservices, en novembre 2022, ont ainsi été subventionnés à hauteur de 80%. Idem à Lhommaizé (900 habitants) où la commune a favorisé l’installation en février d’une boulangerie. Reste ensuite aux mairies à entretenir l’immobilier et à recruter des gérants qui, dans le département, viennent souvent de région parisienne, du Nord… et refont leur valise si la clientèle n’est pas au rendez-vous. Or rien ne la garantit. « C’est difficile, souligne Emmanuel Fontaine, le boulanger lhommaizéen. C’est le passage (ndlr, 10 à 12 000 véhicules par jour sur la RN 147) qui nous fait vivre. On voit peu les locaux. » De même à Ceaux, « la clientèle n’est pas forcément locale », convient Régis Savaton, mettant en avant la variété des services proposés, de l’épicerie à la boulangerie en passant par le bar-restaurant et le point poste. Serait-ce la recette pour que le commerce soit rentable ? A moins que ce ne soit Api…
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