Caméras connectées, alarmes intelligentes, reconnaissance faciale… La sécurité domestique s'est invitée dans nos smartphones et nos salons. Un marché en plein essor, porté par des technologies de plus en plus accessibles et innovantes.

Pierre Bujeau

Le7.info

Psychose sécuritaire pour les uns, bouche-à-oreille et incitations publicitaires pour les autres. Qu'importe le motif, il n'y a pas de mauvaise raison de sécuriser son lieu de vie. D'autant que les peurs sont justifiées. Bien que le ministère de l'Intérieur note une diminution de 10% des cambriolages de logements en 2025 par rapport à 2024, la tendance sur dix ans fait, elle, apparaître une augmentation de 3,8%. De quoi alimenter un marché en pleine santé. « Depuis trois ans, c'est une croissance à deux chiffres. Ça explose », confirme Raphaël Blondeau, responsable de rayon chez Leroy Merlin. Une dynamique que flairent depuis longtemps marques et distributeurs, qui se bousculent pour occuper le terrain. Résultat : 
la concurrence fait rage et les prix dégringolent. « Une caméra Ezviz provenant d’Asie était affichée à 300€ il y a dix ans, aujourd'hui elle se vend à des prix deux fois inférieurs. » Mais cette abondance a un revers. « Bon nombre d'équipements vendus ne sont pas conformes aux normes reconnues par les assureurs », avertit Yannick Méthivier, directeur d'ODPP Laurentin, entreprise poitevine spécialisée dans la sécurité depuis 1989. Dans sa vitrine, pas question de transiger :
chaque solution proposée répond à la certification NFA2P(*), ce standard exigeant qui garantit qu'un dispositif a été éprouvé en conditions réelles : résistance au sabotage, aux tentatives de brouillage, aux déclenchements intempestifs. « Les technologies progressent du côté de la sécurité, mais aussi du côté des voleurs avec des brouilleurs et autres équipements accessibles sur Amazon », ajoute-t-il. A chacun de déterminer ce que vaut la sécurité d'un foyer bien gardé.


L'IA s'invite dans le salon

La caméra de surveillance n'est plus ce qu'elle était. Loin du simple objectif vissé en hauteur qui filmait dans le vide, elle est devenue un outil pensant, capable d'analyser, de trier et d'alerter. Au cœur de cette mutation : l'intelligence artificielle. Nombre d'équipements filment désormais en continu, sans attendre qu'un mouvement les réveille. Mais surtout, ils comprennent ce qu'ils voient. Un inconnu s'introduit dans le champ ? 
L'IA bascule instantanément en mode alerte : enregistrement déclenché, notification envoyée sur le smartphone du propriétaire, système sonore activé. Plus impressionnant encore, la reconnaissance faciale -apparue dans les rayons grand public depuis un an- permet d'aller plus loin. Plaques d'immatriculation enregistrées, visages des habitants mémorisés. « L'IA ne vous envoie une notification que si elle détecte un visage inconnu », 
résume Raphaël Blondeau. Chez les professionnels, l'enthousiasme pour l'IA répond à un autre impératif : en finir avec les fausses alarmes. « Chat qui traverse la cour, voiture qui passe dans la rue, autant de déclenchements parasites qui finissent par diminuer la vigilance », confirme Yannick Méthivier.


(*)Norme française alarme
 prévention protection.

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