Comment les drones surveillent les pylônes

En Nouvelle-Aquitaine, Orange surveille son réseau à l’aide de drones capables de déceler la moindre anomalie. Un gain de temps autant que d’efficacité pour les techniciens de l’opérateur de téléphonie.

Arnault Varanne

Le7.info

Un chemin anonyme perpendiculaire à la RN 147, en direction de Nieuil-l’Espoir. Quelques dizaines de mètres plus loin, un pylône de l’opérateur Orange trône en majesté entre deux champs de blé. Frédéric Parat a positionné une cible au sol et son drone dessus, prêt à décoller. Le technicien effectue les derniers réglages et son assistant s’envole, à quelques mètres, puis soudain au-dessus du pylône, à 35m. Depuis là-haut, il a une vue imprenable sur les installations, à commencer par les antennes 3G, 4G et 5G, ajoutées en mars dernier. « On utilise le drone essentiellement pour de la maintenance préventive, depuis deux ans environ », commente Thibault Niveau de Villedary, responsable de la communication externe Limousin-Poitou-Charentes. Preuve de son efficacité, le drone est aujourd’hui sollicité une à deux fois par semaine contre trois à quatre fois par mois auparavant. 


Ajuster la visée

La Vienne, maillée de 291 antennes Orange, partage le sien avec les Deux-Sèvres. « La première chose que je fais, c’est de vérifier, grâce à la caméra, que tous les câbles cuivre et la fibre optique sont bien attachés. Si ce n’est pas le cas, l’eau peut pénétrer dedans et les endommager. Je regarde aussi si les étiquettes et la signalétique sont bien en place, si les connecteurs restent étanches… » Le serrage des antennes sur le pylône n’échappe pas non plus aux vérifications. Plus subtil encore, le drone permet de « vérifier que les antennes se trouvent dans le bon azimut, c’est-à-dire que chacune d’elles rayonne à 120° pour 
que les trois secteurs assurent une couverture à 360°. » 
Même utilité dès lors qu’il s’agit d’ajuster « la visée » des faisceaux hertziens, autrement dit le « dialogue entre les pylônes ». Le drone sert au-delà à déceler d’éventuels obstacles entre deux pylônes, souvent des arbres dont les branches obstruent le signal. « Le drone nous donne le point exact et nous allons voir le propriétaire pour qu’il élague l’arbre en question. »

En moyenne, Frédéric Parat passe environ trois heures sur chaque intervention. Avant l’irruption du drone dans son quotidien, la surveillance d’équipements nécessitait la présence d’un deuxième technicien, une prise de risque accrue à l’heure de grimper jusqu’au sommet du pylône… « La sécurité pour les agents est meilleure », abonde Thibault Niveau de Villedary. Dans son rapport d’expertise, le technicien peut joindre des photos et vidéos d’une qualité assez bluffante pour attester de la qualité des équipements supervisés.

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