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« It happens like that ! »
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« L'essentiel est de jouer, coûte que coûte. » La phrase de Chimène Siredey dit tout de l'état d'esprit dans lequel la compagnie La Carriole s'est construite. Dans un secteur culturel où les financements se raréfient, Chimène et ses deux complices, Nina Rault-Eyherabide et Arnaud Truillet, ont choisi de ne pas attendre. Depuis 2023, ils jouent dans des fermes, dans la rue, dans des festivals, à Paris… avec une volonté affirmée : rendre l'art accessible à tous.
L'histoire commence sur les bancs du cycle professionnel du Conservatoire de Poitiers, très orienté vers les concours d'entrée en école nationale. Tous trois partagent la même impatience : arrêter de préparer une carrière et commencer la leur.
« C’est vraiment très compliqué d'intégrer une compagnie. » Ils décident alors de prendre leur destin en main. Un premier spectacle voit le jour. Le sujet : la situation des agriculteurs en France. C'est dans les fermes de la Vienne qu'ils vont le jouer, là où le propos fait sens, traînant leur petite carriole. Le nom de la compagnie était tout trouvé.
En 2024, à la fin de leurs études, ils doivent présenter des projets de 30 minutes, destinés à n'être joués qu'une seule fois. Un « gaspillage » qu’ils n’acceptent pas et créent alors leur propre festival à Gençay, dédié aux jeunes créations. Il prendra corps dans un champ jouxtant la maison de la mère de Chimène. 350 spectateurs la première édition, 600 la deuxième. Le 5 septembre prochain, ils remettent le couvert, de 11h à minuit.
La Carriole porte aujourd'hui trois créations. C'est avec La Grande Peur -un spectacle de rue dynamique, une radio pirate dans une voiture, l'atmosphère électrique du passage à l'an 2000- qu’ils entament leur première tournée estivale, de Montendre à Aurillac en passant par Lacanau ou encore Biscarrosse. Ils travaillent également sur Je vous ordonne de vous arrêter. Le projet, conçu comme une série de tableaux indépendants, explore l'autoritarisme, le fascisme et la place politique de la police. Le premier tableau puise dans un épisode historique méconnu : la folle épidémie de danse de Strasbourg en 1518, et sa répression par les autorités cléricales. Un prisme inattendu pour des questions très actuelles. Un tableau qui sera présenté dimanche, à Chasseneuil-du-Poitou, lors du festival Les Comédiales.
Autre étape, dans une trajectoire qui commence à se structurer : mi-juin, ils ont été retenus parmi 35 dossiers pour participer au festival Nouvel Acte à Montmartre, dédié aux jeunes compagnies. « Nous y avons donné trois représentations ; nous étions la seule compagnie à ne pas être de Paris. » Si aujourd’hui La Carriole ne vit pas encore de son activité, si les répétitions se tiennent parfois dans les colocations, si les spectacles sont montés avec l'aide de nombreux amis, musiciens, techniciens, acteurs… l'envie de la jeune troupe ne faiblit pas.
Facebook, Instagram : cie.la.carriole
DR Manon ThomasÀ lire aussi ...
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