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L’Ecole de l’ADN a fêté ses 20 ans le 14 février dernier. Et si personne n’en a entendu parler, ce n’est pas par hasard. Cette association de culture scientifique (4 salariés), qui a suscité de nombreuses vocations dans l’ex-Poitou-Charentes, a souhaité rester discrète et décaler l’événement à plus tard. « On veut attendre d’être sûr de maintenir notre activité avant de faire la fête », confie son directeur Laurent Fillion. Son budget 2026 a été amputé de près de 30%. En cause : deux de ses financeurs majeurs, la Région et l’université de Poitiers, ont diminué leurs crédits, comme ils l’ont fait avec la plupart de leurs subventions. Contexte économique oblige… Mais surtout, la structure subit les doutes autour de l’avenir du Pass Culture.
Ce dispositif permet aux collèges et lycées, publics comme privés, de financer l’entrée à des spectacles pour toute une classe, l’intervention d’artistes ou des actions de médiation scientifique telles que celles de l’Ecole de l’ADN. Des ateliers de deux heures à trois jours pour découvrir la biologie, la génétique et le monde de la recherche en laboratoire. « Le Pass Culture représente 25% de notre budget, il finance quasiment toutes nos interventions scolaires », reprend Laurent Fillion. Entre septembre et décembre 2025, l’enveloppe allouée par l’État à ce dispositif a été réduite à peau de chagrin en attendant le vote de la loi de finances 2026 sans cesse repoussée. De quoi décourager les établissements à engager les dépenses. A l’Ecole de l’ADN, 76 ateliers ont été annulés en fin d’année, d’autres ont été reportés. Le manque à gagner est énorme.
Le budget de l’État ayant finalement été adopté en février, les enseignants vont pouvoir mobiliser le Pass Culture début mars. Mais les règles ont changé. Auparavant, ce dispositif allouait 20 à 30€ par élève à chaque établissement. Désormais ce sera 62M€ (contre 72M€ en 2025) à se partager jusqu’à décembre, et pas un centime de plus. Soit environ 12€ par élève. « On fait avec ce que peut supporter l’Etat », confie un représentant de l’Education nationale.
Reste à savoir si cette mesure forte du mandat d’Emmanuel Macron sera pérennisée après l’élection présidentielle de 2027. Le Fil, un réseau de lieux de spectacle vivant, milite pour son maintien. Le Mouvement associatif également. « On manque d’une vision à long terme », regrette Laurent Fillion qui, loin d’être résigné, a décidé de se tourner vers des fonds européens et d’autres partenaires selon les thématiques abordées en atelier. Et compte bien fêter les 20 ans de l’Ecole de l’ADN à l’automne.
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