Aujourd'hui
Course à pied : lombalgie et endurance
Notre consultant Jean Fleuret casse quelques idées reçues au sujet de la course à pied et des douleurs dorsales.
Pour rien au monde, elle ne souhaite retourner en Guinée équatoriale, où « [son] oncle a promis de [la] tuer ». Dans le regard de Djene, on lit une certaine détresse. Arrivée clandestinement en France le 18 décembre 2022, la jeune femme vit depuis un an dans un appartement prêté par une association caritative, à Poitiers. Seulement voilà, la préfecture de la Vienne lui a intimé l’ordre de le quitter après le refus de l’Ofpra (Office français pour la protection des réfugiés et apatrides) puis de la Cour national du droit d’asile de de lui accorder le statut de réfugiée, en mars 2025. Seulement voilà, Djene n’est plus seule depuis la naissance de Mohammed, fruit de son union avec un autre demandeur d’asile, rencontré au Cada(1) de Loudun.
Né le 3 juin 2024, l’enfant souffre d’une maladie respiratoire dont les médecins n’arrivent pas à déterminer l’origine. Il a été hospitalisé un mois après sa naissance -de juillet à décembre-, pour une simple bronchiolite, pensait-on à l’époque. « Momo est oxygéno-dépendant, des tests génétiques ont été réalisés et des traitements sont régulièrement essayés », témoigne Stéphanie, l’infirmière qui le suit dans le cadre de l’hospitalisation à domicile (HAD) pédiatrique de la Polyclinique. C’est l’une des nombreuses bonnes âmes qui se mobilise pour soutenir Djene dans ses démarches, lui remplir son frigo, récupérer des vêtements ici ou là… « Jusque-là, Mohammed était nourri par sonde gastrique, ajoute-t-elle. Sauf qu’il peut désormais se nourrir par la bouche. Mais comme l’aide aux migrants de 200€ a été stoppée(2), on se retrouve dans une impasse. »
Sans ressources et acculée, Djene vit dans une angoisse permanente. L’épilogue, provisoire, d’un chemin de vie chaotique depuis son enfance en Guinée, où elle a été excisée, violée à 15 ans par son oncle, mariée une première fois de force, puis une seconde, battue… « Mon mari m’a poignardée, je suis partie à l’hôpital, témoigne la jeune trentenaire. Mon oncle, qui est le chef du village, m’a donné tort, m’a condamnée à cinquante coups de fouet et à faire mes excuses à mon mari… Je ne pouvais plus supporter ça. » Avec l’aide de son ami Etienne, de confession chrétienne, la jeune musulmane quitte son village avec sa fille en octobre 2021, choisit de la laisser à une amie à Siguiri pour qu’elle ne subisse pas le même sort qu’elle et file vers la Tunisie via le Mali et l’Algérie. La tristement célèbre « route du viol ». Entretemps, Etienne est mort noyé dans la Méditerranée. A l’issue d’un interminable voyage en train, Djene a donc débarqué à Poitiers un soir de décembre, trouvant une première main tendue, puis d’autres.
Auxiliaire de soins au CHU de Poitiers, Laura Goram a tissé au fil du temps une relation de confiance puis d’amitié avec Djene. Elle a été « touchée par son histoire » et la profonde détresse qui ont amené la Guinéenne « à avoir des idées noires ». « Aujourd’hui, Djen fait partie intégrante de notre famille, c’est la tata de mes enfants. On la prend en charge financièrement, amicalement. » Djene puise dans sa nouvelle religion -elle est chrétienne évangélique- l’espoir d’une vie meilleure en France. Pour l’heure, elle ne tient qu’à un fil...
La préfecture indique ne pas envisager de recourir à une procédure d'expulsion « compte tenu de l'état de santé de l'enfant. Une demande d'asile de l'enfant est par ailleurs toujours en cours : elle relève de l'appréciation de la cour nationale du droit d'asile, juridiction indépendante ».
(1)Centre d’accueil pour demandeur d’asile.
(2)Décision du Département de limiter à trois mois l’aide mensuelle accordée aux familles étrangères sans ressources.
À lire aussi ...
Aujourd'hui
Notre consultant Jean Fleuret casse quelques idées reçues au sujet de la course à pied et des douleurs dorsales.
Aujourd'hui
Iryna Bremond. 41 ans. Née à Minsk, en Biélorussie. Poitevine d’adoption. Ex-tenniswoman professionnelle. Devenue coach de jeunes talents et préparatrice physique. A la dure. Couve ses enfants de tout son amour. Signe particulier : un tempérament de feu.