A travers une série de portraits, Le 7 donne la parole à une génération qui construit le présent et imagine le futur. Entre doutes, convictions et espoirs, ils racontent comment ils s’engagent aujourd’hui pour préparer le monde de demain.

Pierre Bujeau

Le7.info

Le projet dont tu es 
le plus fier ?

« Mon engagement associatif, sans hésiter. J’ai créé ma première association à 15 ans autour de la magie. À l’époque, le maire de Châtellerault m’avait convoqué pour me dire que j’étais le premier président mineur d’une association de la ville. Ça m’avait marqué. Depuis, j’ai créé une association dédiée à la prise de parole en public à Poitiers, je me suis engagé auprès de structures d’aide aux migrants. Ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir toujours essayé d’aider les autres. »


Comment imagines-tu ta vie dans 30 ans ?


« J’aimerais travailler dans la fonction publique. Ces deux termes sont pleinement ancrés en moi. Mais je ne me vois pas faire un seul métier toute ma vie, je souhaiterais découvrir différents domaines : les finances publiques, la culture… Alors dans 30 ans, j’espère surtout continuer à me rendre utile pour le collectif. »


Et la société dans 30 ans ?


« La situation est complexe, mais je préfère voir le verre à moitié plein. Je crois profondément au collectif. Aujourd’hui, on est entré dans une phase très individualiste. Or, une société ne tient que si elle est construite ensemble. Si chacun apporte sa part, si on dépasse les clivages pour travailler dans l’intérêt général, alors on peut éviter le pire. »


« On ne peut pas critiquer le monde si on ne cherche pas à s’engager. »


Qu’est-ce qui te révolte ?


« Le fait de fermer les yeux sur l’évidence. Les politiques actuelles minimisent les urgences sociales : la précarité étudiante, les violences à l’université. Même à Poitiers, des étudiants dorment sous des ponts. 

On ne s’en saisit pas assez. »

Comment t’engages-tu 
pour changer les choses ?

« À travers mes associations, j’essaie d’aider, d’accompagner, de créer du lien. Surtout de donner envie aux jeunes de prendre leur place. Mais pour ça, il faut aussi leur laisser de l’espace et les accompagner. Leur dire que personne ne naît engagé, on le devient. Pour ma part, on ne peut pas critiquer notre société si on ne cherche pas à s’engager. »


Quelle place occupe l’écologie dans ton quotidien ?


« Pour moi, elle est prépondérante. Face au danger imminent qui réside dans les politiques de grandes nations climatosceptiques, notre génération ne détourne pas le regard. L’écologie n’est pas une option, c’est une nécessité. »


Quand tu regardes l’actualité, ça t’inspire quoi ?


« Je m’informe beaucoup, par nécessité et par intérêt. Mais je prends du recul. L’information va très vite aujourd’hui. Par conséquent, on nous balance une information toute crue, sans travail journalistique. Ce traitement de l'information nourrit les divisions. Développer son esprit critique, s’éduquer et faire ce travail de croisement des sources sont nécessaires. Sinon, on alimente le mensonge, la violence. »


Qu’est-ce qui te donne 
de l’espoir ?


« Ma génération. Contrairement à ce qu’on dit, les jeunes s’engagent. Je vois des étudiants investis pour des causes qui leur tiennent à cœur. Ce qui me donne de l’espoir, c’est aussi l’idée qu’un petit geste peut avoir un effet domino. Une action positive peut en inspirer une autre. C’est comme ça qu’on construit quelque chose de plus grand. »


Quel message adresser 
aux générations à venir ?


« Croyez en vous. Et croyez au monde. Prenez votre place et créez-la s’il le faut. Nous entrons dans une nouvelle ère où chacun doit participer à la construction de l’édifice commun. Si nous ne nous engageons pas collectivement, les fondations finiront par s’effondrer. »


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