Juste une illusion : grandir n’est jamais simple

Dans Juste une illusion, on découvre le quotidien de Vincent, un jeune garçon qui peine à trouver sa place dans le monde des adultes.

Le7.info

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Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas toujours facile d’être un enfant. Le film Juste une illusion présente Vincent Dayan (Simon Torreton), bientôt âgé de 13 ans, qui oscille entre un grand frère distant et des parents en conflit permanent. Ce long-métrage, écrit et réalisé par le duo Olivier Nakache-Éric Toledano, raconte l’histoire d’une famille de la classe moyenne en Île-de-France au cœur des années 80. L’esthétisme de l’époque y est d’ailleurs parfaitement retranscrit. Musiques, décors, vêtements, voitures, rien n’est laissé au hasard. Ces nombreuses références aux eighties plongent le spectateur dans l’atmosphère d’antan. On suit le quotidien de Vincent, coincé entre l’enfance et l’adolescence. On y découvre ses doutes sur son identité, sa famille, sa religion, mais surtout l'amour auquel il doit faire face pour la première fois.

À l’instar de Vincent, les autres membres de la famille sont très réussis. En effet, Louis Garrel interprète parfaitement Yves, un père de famille qui ne parvient pas à communiquer avec ses enfants et s’accroche à son ancien statut de cadre. Il en va de même pour Sandrine, jouée par Camille Cottin, qui ambitionne une carrière professionnelle tout en étant dépassée par sa vie de couple et sa condition de maman. L’expression « trouver sa place » revient à plusieurs reprises et illustre la difficulté pour chaque personnage à exister dans son quotidien. L’humour est aussi très bien dosé. Il se reflète essentiellement à travers M. Berger (Pierre Lottin). Le voisin de cette petite famille n’hésite pas à séduire Sandrine entraînant des scènes cocasses. Le scénario joue également sur les quiproquos et autres situations comiques.

Cette comédie dramatique et attachante permet au spectateur de s’identifier aux différents personnages à travers les épreuves qu’ils vivent. Les premiers émois amoureux de Vincent en sont peut-être la meilleure illustration. Juste une illusion n’est donc pas seulement un film sur le passage à l’âge adulte. Il propose une réflexion profonde sur l’adolescence et la vie familiale.

Comédie dramatique, de Olivier Nakache et Éric Toledano avec Louis Garrel, Camille Cottin et Pierre Lottin (1h40).

Ils ont dit…

Le réalisateur Éric Toledano était présent au CGR de Buxerolles le 5 mars à l’occasion de l’avant-première de Juste une illusion. Il était accompagné de Lilian Wallet, originaire de Poitiers, qui interprète Thierry dans le film.

Le scénario 

Éric Toledano
 
« Nous avons eu envie avec Olivier (Nakache) de nous replonger dans les premières émotions liées à l’adolescence car nous sommes tous passés par ce chemin. Nous souhaitions nous rappeler de l’époque d’avant, ce que c’était être un adolescent dans les années 80. Nous voulions retranscrire deux moments de métamorphoses : celui du passage à l’âge adulte et celui du temps. C’est une comédie qui rappelle toutes les premières fois. »

Le choix de Simon Torreton 

Éric Toledano 
« Simon était parfait pour le rôle de Vincent car il était, en quelque sorte, entre une chenille et un papillon. Nous étions face à un vrai petit garçon mais à certains moments, grâce à sa coiffure et ses vêtements, il faisait beaucoup plus mature. Il symbolise parfaitement cet entre-deux que nous avons voulu montrer dans le film. »

« Une chance incroyable » 

Lilian Wallet 
« C’est mon tout premier film. Au départ, j’auditionnais pour le personnage de Vincent, mais en lisant la description j’ai vu que je ne correspondais pas au rôle. Je me suis dit que je n’avais rien à perdre et j’ai chanté « L’Aventurier » d’Indochine pour ma vidéo de présentation. Cela a tout de suite plu aux réalisateurs et j’ai finalement obtenu le rôle de Thierry, l’ami de Vincent. »

3 mots pour décrire ce film

Éric Toledano
 
« Le premier mot serait « sensation » car le film procure une certaine nostalgie liée à l’enfance. Ensuite, je dirais le mot « certitude » puisque certains personnages, notamment Yves (Louis Garrel) doit remettre en cause ses certitudes sur le monde. Et, pour finir, « métamorphose » car Vincent va sortir d’un endroit qui n’est plus tout à fait l’enfance pour rentrer dans un lieu qui n’est pas encore l’âge adulte. C’est un endroit qui nous fascine et que l’on a vraiment eu plaisir à décrire pour ce film. »

 

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