A travers une série de portraits, Le 7 donne la parole à une génération qui construit le présent et imagine le futur. Entre doutes, convictions et espoirs, ils racontent comment ils s’engagent aujourd’hui pour préparer le monde de demain. Aujourd’hui, Laurane Maamar, combattante de MMA et étudiante en management.
Le projet dont tu es
la plus fière ?
« Je suis contente de certaines réussites sportives, mais j’ai encore beaucoup d’objectifs à atteindre avant de parler de fierté. Aujourd’hui, je suis déjà heureuse de pouvoir combattre en professionnel et d’avoir des opportunités. Je ne suis pas sûre que le mot « fierté » soit le bon… En tout cas, pas aujourd’hui. »
Comment imagines-tu ta vie dans 30 ans ?
« Difficile à dire. Dans dix ans déjà, je me vois à fond dans le MMA. C’est souvent l’âge de la maturité pour les femmes dans ce sport. L’objectif, c’est d’intégrer de grandes organisations, mais pas seulement. Je veux aussi construire une famille épanouie et développer un projet dans l’entrepreneuriat. »
Et la société dans 30 ans ?
« C’est difficile de se projeter, avec ce que l’on voit et entend aux informations. Mais il faut s’estimer heureux de vivre en France et relativiser. Je pense qu’on devra s’en remettre à la force et aux initiatives collectives pour envisager un futur meilleur. »
Qu’est-ce qui te révolte ?
« Ce qui m’inquiète, c’est la santé des jeunes. Il y a une vraie sédentarité aujourd’hui, qui les impacte directement et fait peser de nombreux risques sur leur santé. Beaucoup d’études montrent une baisse des aptitudes, accompagnée d’un mal-être mental. Et le sport résout cela en grande partie. Il oblige à s’ouvrir aux autres, à se confronter à l’adversité. »
« On devra s’en remettre à la force et aux initiatives collectives pour envisager un futur meilleur. »
Comment t’engages-tu
pour changer les choses ?
« À mon échelle, j’essaie de transmettre. De tendre la main aux femmes pour qu’elles franchissent les portes du dojo. Et pourquoi pas servir de modèle à de jeunes filles qui souhaitent s’émanciper par le sport. Je parle souvent de ses bienfaits, j’encourage les jeunes et je partage ce qu’on m’a appris. Ça fait partie de la reconnaissance. »
Quelle place occupe l’écologie dans ton quotidien ?
« Je ne suis pas un modèle, mais je pense qu’il ne faut pas attendre d’être parfait pour agir. Je fais attention à mon alimentation, j’achète des vêtements de seconde main, je trie. Si chacun fait un peu, ça peut faire la différence. »
Quand tu regardes l’actualité, ça t’inspire quoi ?
« C’est difficile d’être optimiste, mais je pense qu’il ne faut pas se couper de l’information. Sinon, on invisibilise les personnes qui souffrent et on se coupe de la réalité. Je m’informe sur différents supports pour me faire mon propre avis. Mais je préfère aussi me concentrer sur les initiatives positives présentes sur notre territoire. »
Qu’est-ce qui te donne
de l’espoir ?
« Le sport, clairement. On y voit des gens de cultures et de milieux différents qui s’entraident. Ça montre que le « vivre-ensemble » est possible. Si on est capable de le faire sur un tatami, on peut le faire à plus grande échelle, contrairement à ce que certains courants de pensée extrémistes voudraient nous faire croire. »
Quel message adresser aux générations à venir ?
« De rêver, d’avoir des ambitions et de se donner les moyens de les atteindre. Et, surtout, ne pas oublier de partager, d’écouter les autres, et de développer l’empathie. »