Huit mandats et plus de quarante ans de fidélité à Nieuil-l’Espoir : Gilbert Beaujaneau est le maire le plus expérimenté du département. À l’inverse, Benjamin Couton, maire de Migné-Auxances, 26 ans, en est le benjamin. La rédaction les a réunis.

Pierre Bujeau

Le7.info

Pourquoi avoir choisi 
de devenir maire ?
Gilbert Beaujaneau : « J’en suis à mon huitième mandat. J’avais envisagé d’arrêter, mais mon équipe m’a convaincu de repartir. Être maire, c’est un rôle primordial dans la vie publique. On est en contact direct avec les habitants. Tout ce que l’on fait a un impact concret, immédiat. »
Benjamin Couton : « Je m’y intéressais déjà il y a six ans. Je voulais comprendre le fonctionnement d’une commune. Puis je me suis installé ici, et l’envie de m’engager s’est imposée naturellement. C’est une fonction passionnante et, si certains s’y engagent à huit reprises, c’est qu’on y trouve du goût et qu’il y a des choses à faire. »

« On ne peut pas plaire à tout le monde. »
Gilbert Beaujaneau

Votre âge a-t-il été un obstacle ?
BC : « Pas du tout. Je ne me suis jamais posé la question de mon âge. De plus, on ne gère pas une commune seul : on est une équipe. J’ai des adjoints expérimentés, des services structurés… J’ai une formation en droit des collectivités, j’étais donc familiarisé avec ce monde-là. »

GB : « Des remarques sur l’âge, il y en a toujours. Mais les électeurs jugent surtout le travail. Quand on a la confiance des habitants, le reste compte moins. »

Finalement, est-on toujours trop jeune… ou trop vieux ?
BC : « Il peut y avoir des doutes, oui. Sur la compétence quand on est jeune, sur l’énergie quand on est plus âgé. À nous de rassurer. »

GB : « C’est exactement ça. On ne peut pas plaire à tout le monde. L’essentiel, c’est de rester en forme et à l’écoute. »

Selon vous, qu’est-ce 
qu’un bon maire ?
BC : « C’est quelqu’un de proche. J’ai ouvert un grand nombre de portes durant la campagne. Ce que veulent les gens, c’est connaître leur maire, le voir. Et surtout, ce qui fait la qualité d’un bon maire, c’est sa disponibilité. Mais aussi quelqu’un qui parvient à trouver un équilibre entre ses valeurs, la réalité du territoire et les compromis pour ses habitants. »

GB : « Il faut rester humble et proche des gens. Être à l’écoute, dialoguer, ne pas se prendre pour plus que ce que l’on est. C’est ça qui fait la différence. »

« Ce qui fait la 
qualité d’un bon maire, c’est sa disponibilité. »
Benjamin Couton

Quelle va être la difficulté de ce mandat ?
GB : « Je dirais la bureaucratie. Dès lors que l’on touche à la taille des tuiles ou à la couleur des volets, on se confronte à une montagne de normes. Aujourd’hui, tout est plus encadré, plus complexe. »

BC : « La complexité est réelle, mais c’est notre fonction. Elle vient aussi de la multiplicité des acteurs. S’y retrouver est difficile, mais c’est notre rôle de nous repérer et d’aiguiller les habitants. »

Un conseil pour le mandat ?
GB : « Être à l’écoute, bien s’entourer et, surtout, rester à la même hauteur que ses administrés. Il ne faut pas prendre la grosse tête ou se prendre pour des cow-boys parce qu’on a l’écharpe. À ce sujet, Benjamin, l’écharpe, c’est du côté droit, avec le bleu du tricolore vers le col ! »

BC : « Entendu, monsieur le maire ! »

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