Chaque année en France, 40 000 à 50 000 personnes succombent à un arrêt cardio-respiratoire brutal. Bon nombre de ces morts subites pourraient être évitées si un massage cardiaque était prodigué et/ou un défibrillateur installé. C'est là que les « citoyens sauveteurs » interviennent...
Moins de 5% de taux de survie à un an. Et pour ceux qui s'en sortent, des altérations neurologiques parfois irréversibles... Il est des chiffres qui font froid dans le dos. Ceux-là disent tout des conséquences délétères d'un arrêt cardio-respiratoire (trop) tardivement pris en charge. « On a l'habitude de dire que les chances de survie se réduisent de 10% à chaque minute écoulée après l'accident sans massage cardiaque », illustre le Dr Maxime Sereno.
En 2024, ce médecin urgentiste au CHU de Poitiers a mené, en collaboration avec quatre autres confrères du service, une étude sur le diagnostic neurologique de l'arrêt cardiaque. Le 15 avril prochain, à 16h, il en dévoilera les principales conclusions aux professionnels et au grand public présents (c'est gratuit !) au symposium sur la « mort cardiaque subite »
proposé dans l'amphithéâtre Camille-Guérin du CHU. Au cœur de son intervention ? L'intérêt supérieur du rôle joué par les « citoyens sauveteurs » dans l'administration précoce d'un massage cardiaque aux patients en détresse.
Massage et défibrillateur
« Ces citoyens sauveteurs sont des Monsieur ou Madame tout le monde, formés ou non aux premiers gestes de secours », éclaire le Dr Sereno. En s'inscrivant sur les applications d'alerte utilisées par les unités de régulation du Samu (SAUV-Life) et les centres de traitement de l'alerte des pompiers (Permis de Sauver et Le Bon Samaritain), ils ont accepté l'idée d'être alertés à tout moment qu'un accident cardio-respiratoire s'est produit à proximité immédiate de chez eux et d'être les premiers à intervenir au chevet des victimes. « En moyenne nationale, poursuit le médecin, le délai d'intervention des premiers effecteurs, pompiers et ambulances privées, est de 10 à 12 minutes, celui des Smur de 15 à 20 minutes.
C'est hélas trop long pour une prise en charge efficiente. De fait, la réactivité des citoyens sauveteurs, leur présence sur les lieux de l'accident moins de cinq minutes après sa survenue et leur capacité à effectuer le massage cardiaque qui s'impose dans l'attente de l'arrivée des secours, voire à trouver et utiliser l'un des
1 646 défibrillateurs publics actuellement recensés dans la Vienne, sont les meilleurs outils dont nous disposons pour tenter de sauver des vies. »
En 2025, dans le département, 134 alertes exactement ont été déclenchées via SAUV-Life, l'appli utilisée par les services d'urgence du CHU. Quant au nombre d'inscrits, il se montait à 4 200. « On peut toujours faire mieux »,
résume Maxime Sereno. A bon(s) entendeur(s)...