Face à la flambée des prix à la pompe, les voitures électriques s’imposent comme une alternative. Dans les concessions locales, les demandes d’informations se multiplient. Mais cet intérêt croissant se traduit-il réellement par un passage à l’achat ? Éléments de réponse.
C’est une hausse qui donne le vertige ou, à tout le moins, qui pousse à s’interroger. L’envolée des prix des carburants pèse lourd, très lourd, sur le budget des Français. A la station Carrefour de Vouneuil-sous-Biard, un plein de 40 litres de gazole coûte aujourd’hui 28€ de plus qu’avant la guerre au Moyen-Orient, soit une augmentation de 41%. Chez Total, Chasseneuil-du-Poitou, le SP95 affiche une hausse de 18%, avec 12€ supplémentaires pour un plein équivalent, selon le site gouvernemental Prix-carburants.gouv.fr.
Face à cette flambée, nombreux sont les automobilistes qui refusent de rester apathiques et envisagent de changer de braquet. Sans parler de ruée massive, un frémissement se fait sentir dans les concessions. « On a une recrudescence des demandes sur l’électrique depuis une quinzaine de jours », constate Mathieu Bonneville, conseiller commercial chez Nissan, à Poitiers. Une hausse directement liée au contexte :
« C’est souvent la raison qui amène les particuliers jusqu’à nous. Ils y pensaient déjà, mais l’augmentation des prix a servi de déclencheur. »
Des freins encore nombreux
Du côté de Hyundai, le constat est similaire, mais plus nuancé.
« Il y a un pic de demandes d’informations. Mais il reste encore beaucoup de freins pour passer à l’acte », tempère le directeur de la concession à Poitiers, Thierry Ondet. Car la transition vers l’électrique ne se fait pas du jour au lendemain. Elle s’installe progressivement dans les usages, souvent comme solution complémentaire. « Ce qu’on nous demande aujourd’hui, c’est de remplacer la deuxième voiture du foyer, bien souvent celle-ci est thermique », explique-t-on chez Nissan. Une citadine, dédiée aux trajets du quotidien, plus qu’aux longs déplacements. Mais là encore faut-il avoir les moyens.
« Ce n'est pas que les gens ne veulent pas, c’est qu’ils ne peuvent pas. Aujourd’hui, une électrique se loue plus qu'elle ne s’achète »,
résume Thierry Ondet, précisant que 80% de ses clients privilégient la location.
Le contexte économique tendu et les budgets contraints y sont pour quelque chose. « Ce qui compte, c’est la mensualité. Au-dessus de 250€ par mois, ça bloque. » Dans ce contexte, difficile de parler de bascule.
« La demande augmente, donc automatiquement l’acte d’achat aussi », observe Mathieu Bonneville. À plus long terme, la tendance semble toutefois tracée. Entre durcissement normatif, hausse du coût des carburants et évolution technologique, l’électrification du parc apparaît inévitable.