Voiture sans permis : 
des usages et des âges

Qui se cache réellement derrière le volant des voitures sans permis ? Alors que leur popularité ne cesse de croître et que leur image évolue, le profil de leurs conducteurs apparaît bien plus diversifié qu’on ne l’imagine.

Pierre Bujeau

Le7.info

Elle est loin l’époque où la voiture sans permis était associée aux personnes âgées… ou aux multirécidivistes sanctionnés après un retrait de permis. Selon L’Argus, le nombre d’immatriculations est passé de 
13 376 en 2019 à 31 714 en 2024. Si sa montée en puissance est indéniable, quels publics ont contribué à faire exploser ces chiffres ?

À cette question, on serait tenté de répondre : les jeunes. Depuis quelques années, les modèles comme la Citroën Ami ou la Fiat Topolino ont rajeuni l’image du secteur. Pourtant, dans les concessions, la réalité est tout autre. « Sur notre activité, les moins de 20 ans représentent environ 5% », explique Adeline Brilleteau, concessionnaire Aixam. Même constat chez Adrien Simoné, concessionnaire Ligier à Vendeuvre : « L’année dernière, c’est cinq jeunes sur une vente totale de trente-neuf véhicules. » Bien souvent, le coût de l’assurance est évoqué. « Les assurances pour un jeune, c’est entre 100 et 200€ par mois. » 
Un budget dissuasif, parfois supérieur à la mensualité du véhicule. Seule exception : le segment de l’électrique. Chez IMF, constructeur spécialisé dans les véhicules sans permis électriques, « deux voitures sur trois sont louées par des jeunes ».

D’autres publics

Alors, qui compose réellement le cœur de clientèle ? 
« Cela va de 14 à 80 ans. Cette année, j’ai eu aussi bien un cardiologue qu’un apprenti », 
analyse Adrien Simoné. Derrière cette diversité, une tendance se dessine toutefois. La clientèle adulte domine largement, notamment les 25-50 ans, près d’un client sur deux dans la concession Aixam.

À la différence de la Citroën Ami, davantage associée à des trajets occasionnels, ces voiturettes répondent à des besoins quotidiens : se rendre au travail ou faire ses courses. Tout en maintenant un niveau d’équipement proche d’un véhicule classique : coffre spacieux, sièges chauffants, CarPlay… Autre part importante d’utilisateurs : « Les personnes sous tutelle ou sous curatelle. C’est quasiment plus de 60% de notre public », précise-t-il. Un public pour qui la voiture sans permis représente souvent la seule solution de mobilité autonome.

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