Portée par un contexte géopolitique instable, la demande en équipements militaires s’accélère. À Safran Electronics & Defense, implantée à Saint-Benoît depuis près de cinquante ans, cette dynamique se traduit par une montée en puissance industrielle… et humaine.
Voilà une nouvelle qui devrait ravir les industriels de l’armement français. En déplacement à Poitiers, le 10 avril, sur le site de Safran à Saint-Benoît, Catherine Vautrin, ministre des Armées, est venue défendre l’actualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030, qui prévoit une rallonge de 36Mds€. Une décision qui confirme l’effort de réarmement engagé par l’Etat et qui soutient directement l’activité des acteurs du secteur. Parmi eux, Safran Electronics & Defense affiche ses ambitions. Depuis 2023 son chiffre d’affaires a progressé de 46% pour atteindre 3Mds€ en 2024. Qui dit accroissement de l’activité dit également développement des effectifs. En quatre ans, le site de Saint-Benoît est passé de 410 à 650 salariés. « 160 postes
sont encore à pourvoir »,
indique Lucie Baton, responsable des relations médias du groupe.
Technologie de précision
Au cœur de son activité, les systèmes de guidage intégrés aux missiles air-sol AASM. « C’est l’œil de la bombe », résume Yannick Jallet, responsable produit. Une lentille, placée en bout de missile, qui en assure la précision grâce à un guidage laser ou infrarouge, qu’il soit tiré depuis le sol ou depuis un Rafale. « Sur ces dispositifs, notre volume de production doit être multiplié par deux d’ici la fin d’année. » Ces équipements, appelés autodirecteurs, sont fabriqués dans les usines de Saint-Benoît puis assemblés à Montluçon. Ils équipent également d’autres programmes, comme les missiles antiaériens Mistral 3 et MICA, ou encore l’Akeron LP, actuellement en phase de pré-industrialisation pour équiper notamment les chars Jaguar.
Autre produit, autre demande, les systèmes optroniques, alliant la technologie électrique au système optique. Développées par Safran, ils connaissent eux aussi une forte croissance. La « Nightwolf », jumelle d’identification et de détection dans des conditions de luminosité dégradées, voit sa production doubler tous les deux ans. Tandis que la « JIM Compact »,
jumelle d’observation et de renseignement, permet d’identifier un signe de vie à très grande distance. Des équipements destinés aux forces spéciales françaises, mais largement tournés vers l’international : près de 80% de la production est exportée.