Chaboissant passe à l'attaque

Victime d'une fracture de fatigue du tibia à l'été 2025, Anatole Chaboissant n'a rejoint les rangs de l'Alterna SPVB qu'en janvier. Trois mois plus tard, le jeune passeur international est en demi-finale du championnat, prêt à faire mordre la poussière à ses anciens coéquipiers parisiens battus 3-0 vendredi.

Nicolas Boursier

Le7.info

A pas feutrés, il est venu déposer ses ambitions au pied du filet de Lawson-Body. Remerciant au passage son cadet, Simon Gill (23 ans contre 22), d'avoir tenu la baraque en son absence. Et le Macédonien Gjorgi Gjorgiev d'avoir rempli à merveille sa mission de grand frère intérimaire.

Le premier est (re)devenu n°2, le second s'en est allé. Anatole Chaboissant, depuis, assume à plein talent la confiance accordée en fin de saison dernière par Enard, Lewis et consorts et jamais démentie durant la longue période d'indisponibilité que lui a coûtée sa fracture de fatigue au tibia, diagnostiquée en août. « Pas une si mauvaise période que cela à vivre », si l'on en croit l'intéressé. « J'ai fait plein de choses pendant cette convalescence, j'ai surtout appris à connaître le club, mes coéquipiers, l'ambiance de Lawson-Body. A l'instant de revêtir le maillot pour la première fois, au Plessis-Robinson, le 3 janvier, je n'ai pas eu d'appréhension. J'étais prêt. Comme je le suis aujourd'hui dans cette dernière ligne droite vers le titre. »

Un « chaudron » 
en ébullition

Pas impressionné par Lawson-Body, le « petit » Niortais ? 
Eh bien non ! « L'ambiance, ici, vous porte plus qu'elle ne vous inhibe. Cette salle justifie pleinement son titre de chaudron et de temple du volley. Le public est notre arme absolue. Je sais qu'il le sera de nouveau vendredi pour cette demi-finale retour contre Paris. » Un Paris qu'Anatole connaît bien, pour avoir porté ses couleurs la saison passée. Un Paris au sein duquel il a brillé, au point d'intégrer la sélection et de porter à quatre reprises, en Ligue des Nations, le maillot frappé du coq. Mais un Paris dont il ne reste que peu de ses anciens partenaires. « L'entraîneur lui-même a changé. A la passe, ils ont pris un gars hyper expérimenté en la personne de Jacobsen. Ils ont considérablement gagné en puissance et en dimension physique au filet, avec les arrivées notoires de Kulpinac et Molotkov et, plus récemment, de Mathis Henno. Franchement, l'équipe est totalement différente de ce que j'ai connu. »

De ses anciens compagnons de fortune, ne restent plus guère que le libero Mouiel, le réceptionneur-attaquant Leclercq et le central Wetter. Autant dire peau de chagrin. « Cet effectif a surtout gagné en confiance, avec sa victoire en finale de Coupe de France et sa brillante qualif des quarts de finale. Eliminer Tours en deux manches, ce n'était pas joué d'avance. Et ils l'ont fait. Sur ce plan-là au moins, nous partions sur un pied d'égalité à l'approche du match aller. »

L'égalité, depuis, a été rompue. Sans coup férir. L'absence, salle Charpy, du bombardier russe Vassili Molotkov a ôté une belle épine du pied des Poitevins, vainqueurs 3-0 (25-22, 25-21, 26-24). L'heure de la confirmation a désormais sonné. Anatole Chaboissant, passeur sans souci, sera premier de cordée pour asséner le coup de grâce vendredi dans le « chaudron ». Et ouvrir la voie à une huitième finale de championnat d'Elite pour le volley poitevin. « L'histoire reste à écrire, mais j'y crois. Fermement. Résolument. »

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