Céline Dion, la voix qui l’a construite

La voix de Céline Dion a rythmé la bande-son de sa vie. Entre doutes, fragilités et premières, Mélanie Pons s’est construite au fil des chansons, avec l’artiste en filigrane. Aujourd’hui, elle serait prête à donner beaucoup pour la voir, une première et dernière fois.

Pierre Bujeau

Le7.info

Pas de poster géant, de vinyle collé au mur, de T-shirt à son effigie, ou d'autre autre archive que l’on serait en droit d’imaginer d’une fan. Elle n’a pas été atteinte par la « collectionnite ». Elle n’en reste pas moins une fan de Céline à sa façon. Mais vous direz alors : 
« Qu’est-ce qui fait d’elle une fan ? » Peut-être le prix qu’elle serait capable de débourser pour voir la plus française des chanteuses québécoises. 
« J’ai encore dit à ma mère : si je trouve un billet à
1 000€, j’y vais ! » Pourquoi parler de prix, quand revivre les premiers amours, les soirées endiablées, le temps d’un concert n’en a pas ? 
« Nous sommes de la même génération. Ses musiques m’ont accompagnée dans toutes les étapes de ma vie », explique Mélanie Pons, conseillère en immobilier. Chaque musique, chaque titre fait écho à un souvenir, une période qu’elle se remémore. « Quand « S’il suffisait d’aimer » est sorti, j’étais en fin d’adolescence, avec toutes les perspectives et tous les doutes que tu peux avoir à cet âge », témoigne-t-elle. À ses débuts à la télévision, Céline Dion présentait un physique qui 
« ne correspondait pas aux standards de beauté » de l’époque. « J’ai pu m’identifier et prendre confiance en moi. »

Une vie en chanson

Et puis il y a ces souvenirs très personnels. Un premier amour. 
« C’était en 1997. On est allés voir Titanic au cinéma. My Heart Will Go On est devenue la chanson de mon premier amour. Même aujourd’hui, quand je l’entends, ça me ramène immédiatement à ce moment. Le bateau a coulé comme notre relation, quelque part », pouffe-t-elle de rire. Ce qui la touche par-dessus tout chez l’artiste, c’est son authenticité. Loin de l’opération marketing qui sévit sur les réseaux sociaux, Mélanie est convaincue que l’artiste déplore tout cela. « Lors de sa maladie ou du décès de son mari, elle a su rester digne et humaine. » Tout comme Céline, Mélanie est passée par des moments de fragilité, marqués par deux graves accidents à dix ans d’intervalle, qui ont profondément changé sa vie. Depuis, Mélanie vit avec un handicap reconnu. Un épisode douloureux, qui fait écho à celui traversé par la chanteuse, dont les images de fragilité ont récemment circulé, autour de sa maladie neurologique. Dans ce miroir qu’elle tend entre son histoire et celle de Céline Dion, Mélanie oublie la déception de ne pas encore avoir obtenu le précieux sésame, celui d’une première- et sans doute dernière- rencontre avec l’artiste.

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