Le réveil du cinéma Madelaine

Avenue de La Libération à Poitiers, une association, créée la semaine dernière, souhaite redonner vie au cinéma Madelaine ouvert dans l'après-guerre. Tombé dans l’oubli à sa fermeture en 1978, il a longtemps été le lieu d’un dépôt-vente de meubles.

Le7.info

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Au 94, avenue de la Libération, trois lettres GAG (pour Groupe Anti Gaspi) se distinguent encore sur le crépi de l’étonnante façade du bâtiment. Elles rappellent que jusqu’en 2010, le lieu abritait un dépôt-vente de meubles. De nombreux éléments en très bon état de conservation -des gradins en bois, des balcons avec des rambardes en fer forgé, de vieilles portes des années 1950, une ancienne cabine de projection- soulignent qu’ici, après-guerre, ce bâtiment a connu une autre vie. Tout Poitiers s’y pressait pour voir des films sur grand écran, mais aussi des spectacles où Charles Trenet et Fernandel se sont produits. Si le nom du cinéma Madeleine, ouvert en 1947 avec une capacité de 763 places, est tombé dans l'oubli lors de sa fermeture en 1978 contraint par la pression des multiplexes, il pourrait bientôt renaître sous la forme d’un cinéma associatif. 


Un patrimoine familial sauvegardé

Ce projet, né à l’initiative de Clément Philippeau, cinéphile et éclairagiste à l'Opéra Bastille, a d’abord vu le jour sous la forme d’un site Internet 
(cinemadeleine.fr) mis en ligne l’été dernier. Celui-ci a permis la mobilisation des habitants du quartier, dont un ancien projectionniste du CGR. Depuis, réunis par la création de l’association Ciné Madeleine, ils souhaitent redonner une activité culturelle au lieu. « Nous avons la chance que la propriétaire, emballée par cette initiative, ait toujours souhaité que ce bâtiment soit conservé, malgré des demandes récurrentes de promoteurs d’y créer des logements, précise Clément Philippeau. Car il s'inscrit dans l'histoire de sa famille. Ce cinéma a été construit sur les anciens entrepôts industriels de son grand-père. »


Le fonctionnement de ce cinéma associatif, inspiré du modèle de la Clef à Paris, dont Clément Philippeau est membre, « s’inscrirait dans un mode participatif, avec une gouvernance collective et l'implication de bénévoles. La programmation serait tournée vers les films de patrimoine et des reprises, complétée par des ciné-concerts, des débats et des rencontres. Le souhait est d'être complémentaire avec l'offre du Tap et du Dietrich ». Pour l'association, la prochaine étape, après la signature du bail avec la propriétaire, est d'engager les travaux cet été dans le cadre de chantiers participatifs, mais aussi de trouver des financements pour réaliser une partie de la rénovation et acquérir du mobilier ainsi que des projecteurs (numérique, 
16 et 35 mm). Date d’ouverture ? « Il est trop tôt pour se prononcer », sourit Clément Philippeau.

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