Hélène Ribler évoque cette semaine la question des violences éducatives ordinaires… et des alternatives possibles.
Que celui qui n’a jamais proféré un tel avertissement à l’endroit d’un enfant me jette la première pierre ! Or, soyons honnête, il ne s’agit pas d’autre chose que d’une menace. Eh oui, le mot est lancé ! Revenons en arrière et imaginons pourquoi un parent va prononcer cet ultimatum à son enfant. On peut faire l’hypothèse que l’adulte n’a pas obtenu une réponse satisfaisante à son attente ; l’enfant n’a pas été assez « parfait », il n’a pas répondu « instantanément », ce qui est souvent très agaçant. Aussi, l’impatience, la fatigue, le besoin d’obéissance vont conduire l’adulte à user d’une autorité empreinte de violence. Après tout, cet enfant qui nous pousse à bout mérite bien ce traitement, non ?
Ne nous voilons pas la face, une menace est une violence ! Tout comme les cris, les humiliations, les privations, le chantage ou les coups : ces actes qui visent à soumettre l’enfant sont nommés « les violences éducatives ordinaires ». Pourquoi ordinaires ? Parce qu’elles sont admises par beaucoup et considérées comme peu graves. Or, posons-nous la question : envers qui d’autre qu’un enfant avons-nous ce comportement ? Crions-nous, menaçons-nous, bousculons-nous d’autres adultes ? Notre collègue, notre voisine, notre facteur : bien sûr que non !
Alors pourquoi le faire envers les plus jeunes, les plus vulnérables et immatures ? L’adulte ne devrait-il pas être un modèle, un exemple à suivre ? Et d’ailleurs, nous-mêmes, comment réagissons-nous face à une menace ? Sûrement pas par la collaboration. Pourtant, c’est ce que l’on attend à l’endroit de l’enfant. Ne nous y trompons pas, ces comportements ont des conséquences sur le développement de l’enfant. Afin de sortir de ces attitudes, Il existe des alternatives tout à fait efficaces et durables. Poser un cadre ferme sans violence, c’est possible ! Par exemple, remplacer les cris par une phrase posée et répétée rompt avec l’escalade émotionnelle. Remplacer les menaces par une conséquence adaptée, annoncée à l’avance et tenue apporte de la crédibilité au discours de l’adulte et un repère à l’enfant.
Des réponses concrètes peuvent être personnalisées à l’infini. C’est ce que je mets en œuvre avec les familles que j’accompagne. En privilégiant la coopération, la compréhension et la régulation des émotions, la relation parent-enfant est plus harmonieuse. N’est-ce pas ça LA priorité ?