La chronique littéraire est signée Cathy Brunet.
L’intrigue. Dans les montagnes d’Afghanistan, Roya fuit. Elle n’a que 12 ans. Derrière elle, son frère, son cousin… venus pour la tuer. La fillette ne comprend pas. Elle a peur. Ce qu’elle ignore, c’est que sa vie est déjà confisquée. Que son corps est devenu un enjeu stratégique. Qu’elle est au cœur d’un programme clandestin orchestré par des laboratoires pharmaceutiques sans scrupules. À Paris, la DGSE comprend l’ampleur du danger. Le compte à rebours est lancé. La capitaine Maxime Barelli et son unité reçoivent un ordre sans équivoque : retrouver Roya. À tout prix. Car si elle tombe entre de mauvaises mains, les conséquences pourraient être irréversibles. Commence alors une mission à haut risque, entre zones de guerre, manipulations scientifiques et intérêts géopolitiques. Une traque sans relâche, où chaque seconde compte… et où l’humanité, elle-même, semble vaciller.
Mon avis. Stéphane Marchand signe un thriller redoutablement efficace, tendu, actuel et profondément dérangeant. Journaliste et fin observateur des enjeux internationaux, il ancre son récit dans une réalité crédible, presque trop proche. Ce qui frappe, c’est la puissance du concept. Une enfant au cœur d’un dispositif scientifique dévoyé. Une course contre la montre. Et derrière, une question vertigineuse :
jusqu’où peut aller la science quand elle n’a plus de limites ? L’écriture est nerveuse, visuelle, sans temps mort. Les chapitres s’enchaînent comme des séquences de film. On alterne entre la fuite, la traque, les enjeux politiques… sans jamais reprendre son souffle. Mais au-delà de l’action, c’est l’émotion qui marque. Roya n’est pas qu’un symbole. Elle est une enfant, fragile et courageuse. Et c’est ce contraste qui rend le roman si puissant. Un thriller d’anticipation glaçant, où la fiction flirte dangereusement avec la réalité. Une lecture intense, qui questionne autant qu’elle captive.
La Mort sous la peau de Stéphane Marchand - Fleuve Noir Éditions
- 376 pages - 20,95€.