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Michael : la naissance d’un roi
De ses débuts avec les Jackson Five à son avènement en tant que star internationale, Michael retrace le parcours du roi de la pop.
Les biopics musicaux ont la cote ! Après Queen dans Bohemian Rhapsody, Elvis Presley dans Elvis ou Elton John dans Rocketman, c’est Michael Jackson qui a droit désormais à son adaptation. Réalisé par Antoine Fuqua (Training Day, Equalizer), ce long-métrage revient sur les moments marquants de la vie de l’une des plus grandes icônes mondiales. Jaafar Jackson, neveu du King, interprète le rôle-titre et livre une prestation bluffante de réalisme. Physique, danse, gestuelle, moonwalk évidemment, tout y est. Juliano Krue Valdi, qui prête ses traits à Michael enfant, propose également une adaptation très convaincante de la jeunesse du chanteur. La thématique de la famille occupe une place centrale dans l’œuvre. Cela se ressent à travers les Jackson Five, mais surtout avec l’omniprésence du père de la fratrie, Joseph « Joe » Jackson (Coleman Domingo). Colérique, autoritaire et manipulateur, il symbolise parfaitement le contexte familial dans lequel a évolué l’artiste. « Dans la vie, il y a les gagnants et les perdants. » Cette phrase, répétée par Joe à plusieurs reprises, a alimenté son obsession de devenir la plus grande star de tous les temps.
Fidèles à la réalité, les moments musicaux assurent une immersion totale et ne manqueront pas de faire taper du pied le spectateur. On se croirait plongé dans un grand concert de deux heures. Cette approche montre toutefois ses limites puisque le scénario manque cruellement de profondeur. Par exemple, la question du racisme dans l’industrie musicale est évoquée mais n’est quasiment pas exploitée. Même chose pour les nombreux sauts dans le temps qui passent sous silence certains moments de la vie du chanteur. Ses déboires judiciaires n’ont donc pas leur place dans cette adaptation. Le récit peut paraître édulcoré par moments. Les dialogues relativement plats n’apportent pas de réel poids à l’histoire.
En revanche, l’engagement de l’artiste envers les animaux ainsi que les enfants malades est bien intégré au récit, tout comme sa maladie de peau. Cependant, ce long-métrage n’est qu’une première partie. Le personnage devrait revenir dans un second volet. Cela peut donc justifier certaines absences qui seront certainement abordées par la suite. Sans révolutionner le genre, Michael séduit par sa puissance musicale mais laisse un goût d’inachevé sur le plan narratif. Les fans de la première heure devraient néanmoins être comblés.
Biopic, Concert, Drame de Antoine Fuqua avec Jaafar Jackson, Colman Domingo, Nia Long (2h08).
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