À quelques pas du Futuroscope, l’entreprise allemande B. Braun, spécialiste des technologies médicales, a fait de son site de Chasseneuil-du-Poitou un centre de compétences mondial dédié à la conception et à la production de chambres implantables.

Pierre Bujeau

Le7.info

Trois cents filiales dans 
64 pays, 9,4Mds de chiffres d’affaires, et une implantation en France depuis plus de cinquante ans. A Chasseneuil-du-Poitou, où le groupe s’installe en 1989 en rachetant Celsa LG, le site s’impose rapidement comme un pôle stratégique. Il se spécialise dans la fabrication de chambres implantables, ces dispositifs placés sous la peau, reliés à un cathéter, qui permettent une voie veineuse centrale permanente, notamment pour la chimiothérapie. « Nous sommes dans un grand groupe qui nous permet de spécialiser chaque site. Le nôtre est dédié à ces produits », 
explique la directrice, Sylvie Plumet. Une orientation renforcée par la course à l’innovation : 
« Le traitement du cancer évolue énormément, nous devons être présents. » 


Chambre implantable

Au fil des années, l’unité poitevine s’est développée jusqu’à devenir un centre de compétences IVT (Interventional Vascular Therapy). Elle emploie aujourd’hui 170 salariés, contre 110 il y a dix ans. « Chaque année, nous sommes en croissance d’effectif », souligne la direction. 


Produit phare du site, la chambre implantable joue un rôle clé dans la prise en charge des maladies lourdes. Ce petit boîtier est posé sur la poitrine pour permettre d’éviter des injections répétées. 
« Le principe, c’est d’avoir une voie d’accès réutilisable, pour éviter de piquer une veine à chaque traitement », explique Reynald Rimbot, responsable des avant-projets. Adapté aux enfants comme aux adultes, le dispositif s’ajuste aussi aux pratiques des soignants. 
« Une infirmière très spécialisée pourra utiliser une chambre plus petite. D’autres auront besoin d’un boîtier plus visible, mais plus facile à manipuler. » 


Innovation 
et ancrage local

Pour rester à la pointe, B. Braun s’appuie sur un écosystème local étroit, en lien avec le CHU de Poitiers et l’université. 
« Cette proximité nous permet d’échanger rapidement avec les soignants et d’adapter nos produits à leurs besoins », 
éclaire le responsable et ingénieur. Dans ce secteur, l’innovation reste un processus long… Trois à cinq ans sont nécessaires pour une amélioration, jusqu’à dix ans pour une innovation majeure. « Nous travaillons sur des patients atteints de pathologies lourdes. Nous n’avons pas le droit à l’erreur. » Chaque année, des dizaines de milliers de patients bénéficient de ces dispositifs en France, principalement dans le cadre de traitements contre le cancer. Un rôle discret, mais essentiel. « Nous ne fournissons pas les traitements, mais nous permettons qu’ils soient administrés dans les meilleures conditions possibles. »

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