Coach et fondatrice de Humanne, cabinet spécialisé dans l’équilibre carrière et santé des managers et des dirigeants, Sophie Micheau vous livre ses réflexions autour de la santé et du travail.
Dans certains milieux professionnels, arriver tôt, partir tard et occuper le terrain n’est plus considéré comme une preuve ultime d’engagement. Ailleurs, le présentéisme fait encore des ravages… A l’heure où se multiplient les arrêts de travail liés à la santé mentale, s’absenter pour se soigner n’est pas toujours une évidence, quel que soit le motif... Si le télétravail a connu un développement exponentiel, il est encore considéré par certains comme un mode de travail « dégradé ». Les congés et réductions du temps de travail cohabitent aujourd’hui avec la difficulté à déconnecter, sujet majeur de santé au travail et de santé publique.
Bref : notre rapport à la présence au travail évolue et reflète les contradictions de notre époque. D’un côté, la présence physique, visible et encore profondément ancrée dans les mentalités. De l’autre, la présence mentale, notre capacité à être attentifs, engagés, disponibles intellectuellement et émotionnellement. Aujourd’hui, beaucoup de gens sont présents physiquement au travail mais absents mentalement, rongés par la fatigue, la charge mentale ou la perte de sens. Certaines personnes -parfois les mêmes- ne déconnectent pas mentalement lorsqu’elles s’absentent physiquement de leur travail, y compris pour des raisons médicales.
Alors pour prendre soin de notre travail et de notre santé, interrogeons-nous régulièrement : suis-je réellement présent(e) à ce que je fais ? Surtout pas pour culpabiliser, mais pour comprendre et ajuster si nécessaire, en pleine conscience. Peut-être en cultivant notre attention, en soignant notre état interne, en clarifiant nos priorités, en (re)mettant du sens et parfois aussi, des limites. Bonne nouvelle : avec de l’entraînement, chacun peut (re)trouver une bonne qualité de présence !
smicheau@humanne.fr, humanne.fr.