Le Diable est de retour…

Vingt ans après le premier opus, Miranda, Andy, Emily et Nigel se retrouvent enfin réunis dans Le Diable s’habille en Prada 2. Le motif de ces retrouvailles ? Runway est en pleine crise.

Le7.info

Le7.info

Un scandale éclate : le magazine de mode Runway voit sa réputation menacée. Irv Ravitz, le patron, se doit d'agir. Nous retrouvons donc, deux décennies plus tard, la touchante Andy Sachs, interprétée par Anne Hathaway. Devenue journaliste de renom, elle est sollicitée en urgence pour redorer l'image de la prestigieuse publication. De son côté, Emily Charlton (Emily Blunt) est désormais à la tête de la communication d’un puissant groupe de luxe bien connu du grand public. En tant qu'annonceur majeur, sa marque contrôle une partie des finances de la revue. Miranda Priestly, incarnée par la fabuleuse Meryl Streep, se trouve quant à elle fragilisée par le déclin de la presse papier. Son autorité vacille, et elle semble sujette à d'étranges trous de mémoire… Involontaires ou purement machiavéliques ? Le mystère reste entier. Quant à Nigel, il n'a pas pris une ride et demeure le directeur artistique mythique que l'on adore. Entre rivalités anciennes et rapports de force inversés, le pouvoir change de mains au cœur de l'univers impitoyable de la mode.

De nouveaux enjeux

Dans Le Diable s’habille en Prada 2, le casting s'enrichit de nouveaux visages, incarnant l'arrivée de la génération Z sur le marché du travail. Le film expose avec justesse le déclin de la presse traditionnelle au profit du numérique. Fini le papier glacé, les lecteurs veulent désormais cliquer. Un drame vient accentuer la descente aux enfers du célèbre magazine… Conflits générationnels, soif de vengeance et intelligence artificielle sèment le trouble dans ce microcosme en apparence impeccable. Dans la seconde partie du film, Miranda Priestly dévoile une facette inédite, plus sensible et humaine, tandis qu'Andy s'impose avec une confiance nouvelle. Une ébauche de romance avec Peter, un agent immobilier, permet d'explorer la vie personnelle de la protagoniste mais l’arc narratif peine à convaincre. Loin d'apporter une réelle profondeur au récit, il en décentre les ambitions, comme si le dénouement heureux ne pouvait se concevoir sans une histoire d'amour. Une concession au genre qui interroge. Réalisé par David Frankel et écrit par Aline Brosh McKenna, le long-métrage parle finalement moins de défilés que d'évolution des médias, de sens artistique et d'estime de soi. La présence de nombreux « guests » renforce la crédibilité de cet univers fermé, tandis que les clins d'œil au film de 2006 arrachent des sourires nostalgiques. Le sarcasme et les regards assassins sont, bien sûr, au rendez-vous. Plus qu’une suite, le film propose de véritables retrouvailles toujours plus mordantes. Un second round rafraîchissant dans les rues new-yorkaises, où l'élégance demeure l'arme la plus redoutable.

Comédie, Drame réalisé par David Frankel et écrit par Aline Brosh McKenna avec Meryl Streep, Anne Hathaway, Emily Blunt et Stanley Tucci (1h59).

 

À lire aussi ...