Inès Leriche : « L’avenir se joue aussi dans les associations »

A travers une série de portraits, Le 7 donne la parole à une génération qui construit le présent et imagine le futur. Entre doutes, convictions et espoirs, ils racontent comment ils s’engagent aujourd’hui pour préparer le monde de demain. Aujourd’hui, Inès Leriche, doctorante et présidente de l’association Poitiers-Migné Échecs.

Pierre Bujeau

Le7.info

Le projet dont tu es 
la plus fière ?

« Je crois que je suis surtout heureuse de voir ce que le club est devenu. Au départ, il y avait évidemment les échecs, mais aujourd’hui c’est devenu un vrai lieu de rencontres. Des personnes qui n’étaient pas destinées à se croiser créent ici des liens, des projets, parfois même des amitiés. Je suis fière quand je vois des jeunes venir aider spontanément lors d’événements, simplement passer la porte pour discuter, travailler ou partager un moment. »

Comment imagines-tu 
ta vie dans 30 ans ?
« Honnêtement, je me vois encore à Poitiers. C’est une ville qui m’a construite et dans laquelle je me projette toujours. J’aimerais continuer à développer des projets associatifs, culturels et sociaux. »

Et la société dans 30 ans ?
« Le contexte politique et environnemental peut être inquiétant, évidemment. Mais je crois beaucoup à la force du collectif et aux initiatives locales. J’ai l’impression que l’avenir se joue aussi dans les villes, les associations, les liens qu’on crée au quotidien. Ce qui me rassure, c’est de voir des jeunes déjà très conscients des enjeux actuels et qui ont envie d’agir. »

Qu’est-ce qui te révolte ?
« Je ne sais pas si le mot « révolte » est celui qui correspond le mieux. Mais ce qui me touche, c’est quand les gens se sentent isolés ou n’ont plus d’endroits pour échanger. J’ai l’impression qu’on manque parfois de lieux pour se rencontrer réellement, discuter, débattre ou simplement être ensemble. »

« Les échecs sont souvent un prétexte pour créer 
du lien. »

Comment t’engages-tu pour changer les choses ?
« Principalement à travers l’associatif. On a créé dans la Grand’Rue, à Poitiers, un espace ouvert et intergénérationnel où chacun peut se sentir écouté. On intervient aussi dans des quartiers, des établissements scolaires ou encore au centre pénitentiaire de Vivonne avec d’autres associations. L’idée, c’est de faire des échecs un support d’échanges. Et, parfois, simplement permettre à quelqu’un de sortir un peu de son quotidien, comme en prison par exemple. »

Quelle place occupe l’écologie dans ton quotidien ?

« Je suis très sensible aux paysages, à la nature et aux espaces qu’on habite. On a la chance ici d’avoir des lieux naturels très proches, que ce soit pour se promener ou simplement se ressourcer. Et puis j’ai l’impression que chez les jeunes, notamment, la conscience écologique est devenue une évidence. Je vois beaucoup de jeunes qui ressentent une forme d’inquiétude face aux enjeux environnementaux et ont besoin d’en discuter. »

Quand tu regardes l’actualité, ça t’inspire quoi ?
« Je comprends que certaines personnes aient envie de s’en éloigner parce qu’elle peut être anxiogène. Mais je pense qu’il est important de rester informé. Personnellement, je lis beaucoup la presse locale parce qu’elle met aussi en lumière des initiatives positives et des personnes engagées sur le territoire. J’ai l’impression que ça crée davantage de liens que de divisions. »

Quel message adresser 
aux générations à venir ?
« D’oser faire des choses. De ne pas avoir peur de s’engager, peu importe la forme que cela prend. Et surtout de continuer à créer des liens, à écouter les autres et à participer à la vie collective. Je pense qu’on se construit énormément à travers les projets qu’on mène. »

Nom : Leriche
Prénom : Inès
Âge : 27 ans
Profession : directrice de Poitiers-Migné Échecs et doctorante
Valeur : l’écoute
Couleur : jaune
Phrase marquante : « Je pense que pour. vivre, il faut s'y prendre très jeune parce qu'après on perd toute sa valeur et personne ne vous fera de cadeaux. » Romain Gary
Film : Jeanne Dielman de Chantal Akeman

À lire aussi ...