Dépôts sauvages : 
la chasse aux incivilités

Les dépôts sauvages continuent de peser lourd sur le budget des collectivités. Toutes sont confrontées à cette problématique aussi coûteuse que nocive.

Pierre Bujeau

Le7.info

C’est un fléau qui donne du fil à retordre aux collectivités. Petites comme grandes, elles doivent faire face à l’indélicatesse de particuliers et de professionnels, peu scrupuleux à l’heure de créer de véritables décharges sauvages. Si la nouvelle municipalité de Poitiers a récemment fait parler d’elle avec l’annonce d’un renforcement des tournées de collecte -52 passages supplémentaires par an pour un coût de 33 000€-, qu’en est-il des communes aux moyens plus limités ? A Buxerolles, le maire Gérald Blanchard se fait régulièrement l’écho de ces incivilités sur Facebook. 


Vidéosurveillance

« Les réseaux sociaux permettent de sensibiliser les habitants et de faciliter le travail de la police municipale. Le plus important reste d’informer et de prévenir », souligne Simon Brie, son premier 1er adjoint. Mais derrière les photos publiées en ligne, c’est tout un travail de terrain qui s’organise. Dans la commune, la police municipale est systématiquement dépêchée sur place pour tenter d’identifier les auteurs. 
« Il y en a toujours quelques-uns qui laissent des adresses sur des cartons », raconte l’élu. Lorsque les contrevenants sont identifiés, la commune verbalise à hauteur de 500€.


Autre levier pour lutter contre ces infractions : la vidéoprotection. La commune s’appuie sur un réseau de 45 caméras, reliées au poste de sécurité de la police nationale, permettant de remonter certaines incivilités plus rapidement. D’autres villes expérimentent des dispositifs de surveillance. A Châtellerault, la municipalité teste actuellement deux « caméras de chasse », initialement conçues pour l’observation de la faune et de la flore. Placés discrètement sur une zone identifiée, ces pièges photographiques offrent une alternative flexible aux caméras fixes. Reste le sujet du temps d’exploitation des images, nettement plus chronophage puisque chaque mouvement déclenche une captation. Coût de ces 
« pièges » : pas moins de 600€.


Dans les communes rurales aussi

Dans les villages, le phénomène n’épargne personne. Moins visibles mais tout aussi exposés, les territoires ruraux font face à des dépôts parfois plus problématiques encore, notamment dans les chemins ou les zones boisées. « On retrouve souvent des déchets issus de travaux, avec des matériaux parfois nocifs comme de l’amiante », explique Élisabeth Michel, maire de Coussay-les-Bois. Ces dépôts, effectués à l’abri des regards, rendent l’identification des auteurs particulièrement difficile. « On porte systématiquement plainte auprès de la gendarmerie, mais bien souvent c’est peine perdue. » Au final, les communes, donc les habitants, doivent assumer la charge financière du nettoyage.

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