Cet été, en Gironde comme dans la Vienne, agriculteurs, vétérinaires ou simples citoyens se sont retroussé les manches face aux conséquences du réchauffement climatique et ont choisi de ne pas céder à la fatalité.

Pierre Bujeau

Le7.info

L’année 2026 restera incontestablement dans les mémoires, et pas pour de bonnes raisons. Incendies, cours d’eau asséchés, faune en danger, habitants contraints de quitter leur logement… Une réalité qui aurait pu laisser bon nombre de citoyens abattus, notamment à l’issue d’un été destructeur. Pourtant, au milieu de cette désolation, une tout autre histoire s’est écrite. C’est à Saint-Sauvant, commune située à quelques kilomètres des Deux-Sèvres, qu’un bel élan de solidarité s’est produit. Peuplé d’environ 1 200 âmes, le village compte plusieurs étangs où pêcheurs et promeneurs aiment se retrouver. Mais depuis le mois de juin, la baisse inexorable du niveau de l’eau faisait craindre le pire. « Une vingtaine d’habitants ont pris des épuisettes et des poubelles vides pour acheminer les poissons d’un plan d’eau à l’autre », explique Christophe Chappet, maire de la commune. Pendant deux soirées, les habitants ont ainsi sauvé une partie de la faune du village avant de se voir conviés à un « verre de la solidarité ». La mobilisation a également dépassé les frontières du département. Au Stade poitevin rugby, une collecte a permis de réunir près d’une tonne de dons pour les personnes touchées par les incendies en Gironde. Le 3 août, des bénévoles du club ont pris la route pour acheminer l’ensemble jusqu’à Saint-Médard-en-Jalles. Le club a aussi pu compter sur le soutien du magasin Truffaut Poitiers, qui a pris en charge les frais de transport, et de Berger Location, qui a mis un camion à disposition. « Bravo le Stade et vive les valeurs du rugby » pouvait-on lire sur Facebook.


Faune en souffrance

Bien connu des habitants de la Vienne, Lydia Bourdeau a elle-même bénéficié de la solidarité du territoire dans son centre de soins de la faune sauvage. « Une structure proche des incendies de Gironde a dû être évacuée. Tous les centres se sont mobilisés pour accueillir les animaux déjà pris en charge et soigner ceux blessés par les incendies », commente-t-elle. Bandages, crèmes et matériel de soins ont afflué vers son centre, envoyés par des vétérinaires et d’autres structures spécialisées. Une mobilisation qu’elle n’avait encore jamais connue en vingt ans d’activité. A cela s’ajoutent les particuliers qui n’ont pas hésité à prendre la route jusqu’au Poitou pour rapatrier des chevreuils brûlés. « Des 
bénévoles se sont proposés pour me relayer afin de surveiller l’état de santé des tortues, des loutres et des hiboux. »


Au relais des pompiers

Que faire face à une telle désolation ? C'est la question que se sont posée les agriculteurs de la Coordination rurale 86, avant de passer à l'action, une fois l’autorisation de la préfète de Gironde donnée et les questions d’assurance réglées. Vanessa, administratrice du syndicat agricole, et cinq agriculteurs ont apporté, six jours durant, un soutien logistique aux pompiers. « Nous avons formé un convoi avec plusieurs tonnes à eau pour les ravitailler là où ils nous le demandaient. Et bien souvent, c'était à quelques mètres des incendies », explique-t-elle. Une expérience éprouvante, mais dont elle retient surtout la force du collectif : « C'était une catastrophe naturelle pendant laquelle l'humain a su montrer sa meilleure facette. » On pourrait ajouter à cette liste (non exhaustive) la mobilisation des ambulanciers de la Vienne pour évacuer des résidents d’Ehpad…

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