Depuis six ans, Vianney Deschatrette est installé à Bonnes comme restaurateur de véhicules d’avant-guerre. Plus que de la simple mécanique, son métier demande un véritable travail de recherche et de documentation.

Pierre Bujeau

Le7.info

Ne lui parlez pas de gadget révolutionnaire, ni d’option électronique. Vianney Deschatrette aime la voiture dans ce qu’elle a de plus pur. Un moteur, un volant, quatre roues et, surtout, l’élégance des années. En entrant dans l’atelier du restaurateur, c’est peut-être la première chose qui frappe. Chaque véhicule en cours de réparation dévoile à peine son plein potentiel, mais laisse déjà entrevoir une classe que ne pourraient leur envier bien des SUV. C’est dans ce monde de l’automobile ancienne qu’est tombé Vianney, bien aidé par une famille mordue de volant. Plus précisément, c’est au fil de son apprentissage à Poitiers, puis à Angoulême, que ses mains et son cœur se sont tournés vers les voitures d’avant-guerre. « Après 39-45, la France a considérablement transformé l’automobile pour passer dans l’ère industrielle. » Avant cela, les véhicules étaient en grande partie assemblés et construits à la main, faisant de chaque modèle une pièce unique. Bugatti, Delage, Rosengart et nombre de petits constructeurs devenus grands sont alors légion. Désormais, c’est entre les mains de Vianney qu’elles retrouvent leur lustre d’antan. « Je me suis installé en 2020. Je fréquentais déjà régulièrement les salons et les courses vintage, raconte-t-il. C’est là-bas que le bouche-à-oreille s’est opéré. » Désormais, ses clients viennent de toute la France. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils semblent satisfaits… En témoigne son carnet de commandes rempli jusqu’à la fin de l’année prochaine.


Le temps, une notion relative

En six années de pratique, l’entrepreneur a établi un processus de restauration propre à chaque véhicule. « On ne répare pas un véhicule des années 20 comme un véhicule des années 30. Le progrès allait si vite à l’époque. » 
Chaque voiture donne ainsi lieu à une phase de documentation extrêmement méticuleuse. Plans, photographies, archives et échanges avec d’autres spécialistes permettent de retrouver les pièces de l’époque. 
« Chacun des restaurateurs est un peu expert dans son domaine. On n’hésite pas à s’appeler pour respecter au mieux le véhicule et ne pas mettre en danger le client. » Car ces voitures ne répondent évidemment pas aux standards de sécurité actuels. Beaucoup ne possèdent ni clignotants ni ceintures de sécurité. Dernièrement, Vianney se consacre davantage à la carrosserie et aux châssis, tandis que les travaux de grosse mécanique sont sous-traités. Dans son atelier trône notamment une Gobron de 1922, appartenant à un client venu de Bordeaux. « On a toujours des inattendus sur ces voitures, qui peuvent allonger les délais d’un an. » Ici, le temps n’est donc pas vraiment une contrainte. Vianney préfère le prendre pour être pleinement satisfait de son travail et permettre à ce patrimoine roulant vieux d’un siècle de reprendre la route.


Contact :
vianneyauto@gmail.com.

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