De Jaunay-Marigny à Shanghai, Mahel Brossier représentera la France aux WorldSkills 2026. À 23 ans, l'expert en cybersécurité s’apprête à vivre une aventure hors du commun.
Du 22 au 27 septembre, Mahel Brossier défendra les couleurs de la France aux WorldSkills 2026 en Chine. À l'image des Jeux olympiques en sport, cette compétition internationale des métiers réunit des jeunes venus mesurer leur savoir-faire. Boulanger, peintre industriel, menuisier, maintenance aéronautique, coiffeur, jardinier, bijoutier... Cette année, 36 jeunes compétiteurs représenteront la France. Originaire de Jaunay-Marigny, Mahel Brossier concourra avec son binôme Rayan Bouyaiche dans la catégorie cybersécurité.
« Je suis un enfant d'Internet. A 5 ans, je savais déjà me servir d'un ordinateur ! », explique celui qui a décroché un BTS Services informatiques aux organisations, en alternance, à l'Isfac de Poitiers. L'étudiant a ensuite intégré l'École 2600, à Montigny-le-Bretonneux. Un camarade de promotion lui propose alors de concourir aux sélections régionales des WorldSkills, en novembre 2024. « Nous sommes complémentaires dans nos compétences. » Le binôme se qualifie pour la compétition nationale. Après un an de préparation, ils affrontent d'autres duos à Marseille, du 16 au
18 octobre 2025, et décrochent la première place. Ils rejoignent alors l'équipe de France des métiers. « Le parcours a été riche et c'est assez fou à dire : nous partons pour Shanghai ! »
Une compétition mondiale
Alternant travail et entraînements, ils se préparent assidûment. « L'avantage dans notre métier, c'est que tout peut se faire à distance. C'est un domaine très compétitif, qui évolue en permanence. » Mahel et Rayan bénéficient des conseils d'un coach, de regroupements avec l'équipe de France et d'entraînement contre des équipes internationales, notamment à Londres. « On attend ce moment depuis plus d'un an maintenant. Je suis impatient d'y être et de concourir ! »
Sur quatre jours, la première épreuve testera les qualités offensives (red team) du binôme. « Nous devrons simuler une attaque sur une fausse entreprise pour tester sa sécurité, définir une tactique et trouver la faille. » La deuxième évaluera la défense (blue team). Une première partie s'attachera aux compétences en investigation numérique (forensic). « Nous aurons des équipements, comme un ordinateur ou un téléphone, et nous devrons trouver quels moyens ont été mis en œuvre pour les compromettre. » Dans la deuxième partie, il s'agira de trouver comment un attaquant a réussi à s'introduire dans une infrastructure. Enfin, la dernière épreuve vérifiera les moyens à mettre en œuvre pour sécuriser une infrastructure et corriger les failles. Le binôme affrontera vingt équipes. « Nous espérons un bon classement. Si nous pouvons nous hisser sur le podium, ce sera encore mieux. Nous sommes capables d'aller le chercher. Il faudra surveiller les Iraniens, les Australiens et les Allemands. »