Depuis la généralisation du repas à 1€ à tous les étudiants, les restaurants universitaires de Poitiers enregistrent une hausse de fréquentation de 22%. Face au succès du dispositif, le Crous adapte son organisation et renforce ses capacités d’accueil.

Pierre Bujeau

Le7.info

Il suffit de regarder les files d’attente pour mesurer le succès du dispositif. Depuis la généralisation du repas à 1€ à tous les étudiants, les restaurants universitaires du Crous de Poitiers(*) ne désemplissent pas. « Il y a vraiment plus de monde que l’année dernière », 
constate Mahfoud, étudiant boursier qui bénéficiait déjà du tarif à 1€ l’an passé. A ses côtés, Sylvestre se réjouit également de cette évolution. « C’est une bonne chose. Cela veut dire que tous les étudiants qui en ont besoin peuvent maintenant en bénéficier », estime-t-il devant le restaurant universitaire de la Technopole du Futuroscope. Sur le papier, la mesure fait donc mouche. Mais son succès n’est pas sans conséquence, avec des files d’attente qui peuvent parfois s’allonger aux heures de pointe. « On s’imaginait que ce dispositif entraînerait une forte attractivité, reconnaît Laurence Maget-Siegel, directrice générale du Crous de Poitiers. On a été victimes de notre succès, mais encore une fois, on s’y attendait. » A l’échelle de l’académie, la fréquentation des restaurants universitaires a progressé de 28 à 30% depuis la mise en place du dispositif. A Poitiers, où le Crous compte quatre restaurants universitaires, la hausse atteint environ 22%. 


780 000€ d’investissement

Face à cette nouvelle fréquentation, le Crous a dû revoir son organisation. Au printemps, du matériel a été renouvelé, les capacités d’accueil augmentées et les équipes réorganisées. 
« Ça met nos organisations sous tension, c’est clair », admet Laurence Maget-Siegel. L’investissement atteint 780 000€, inscrits 
dans le vaste plan d’investissement de 143M€ supplémentaires inscrit au Projet de loi de finances 2027. Fours plus performants, nouvelles operculeuses… Le Crous cherche surtout à augmenter ses capacités de production sans nécessairement pousser les murs. Dans l’académie, 400 places supplémentaires ont ainsi été créées, dont environ 200 dans la Vienne. Pour l’heure, ces aménagements permettent d’absorber la hausse de fréquentation, selon le Crous. La question des effectifs se pose également. Des aides de cuisine supplémentaires ont été recrutées sur les sites de La Rochelle et d’Angoulême, particulièrement sous tension. Dans la Vienne, aucun renfort n’a, pour l’instant, été jugé nécessaire. Reste un problème que le Crous ne peut pas régler seul : celui des horaires. 
« On arrive tous en même temps parce que nos cours se terminent entre 12h15 et 12h30 »,
explique Sylvestre. 


(*)RU Roches d’Argent, Champlain, Rabelais, Sablier.

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