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Christophe Dufaux du « je » au jeu
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La rentrée solennelle s’est déroulée jeudi dernier sur le campus poitevin de Sciences Po. Le célèbre établissement parisien compte ici 255 étudiants de 31 nationalités, en majeure partie d’Amérique du sud, d’Espagne et du Portugal, conformément à la spécialité du cursus proposé à Poitiers. 110 jeunes ont fait leur entrée en première année et, parmi eux, 13 étaient scolarisés auparavant dans un lycée situé en Réseau d’éducation prioritaire (REP).
Ce programme d’« ouverture sociale et d’égalité des chances » a été lancé par Sciences Po en 2001. Cette rentrée a été l’occasion de signer de nouvelles conventions avec quatre établissements de l’académie. « Depuis longtemps, nous constatons que les élèves obtiennent de très bons résultats au bac mais l’académie reste la dernière de France en matière de poursuite d’études supérieures, remarque la rectrice Bénédicte Robert. Ils s’autocensurent à cause d’un certain nombre de freins : manque de confiance en eux, problème de mobilité ou, tout simplement, parce qu’ils n’ont pas les codes. »
« Et si Sciences Po était fait pour nous ? » C’est la question que plusieurs élèves du lycée Branly, à Châtellerault, sont désormais invités à se poser. Douze volontaires ont accepté de travailler deux à trois heures de plus chaque semaine pour accroître leurs chances d’intégrer la grande école. Ils participent à des ateliers spécifiques. Au menu : argumentation, rhétorique, culture générale et remobilisation en cas de coup de mou. Les élèves bénéficient aussi d’une séance d’immersion sur le campus poitevin et du soutien d’un « mentor » étudiant. Ensuite ? La procédure d’accès est identique à tous les autres candidats (écrits personnels, livret scolaire, épreuve orale), mais les dossiers sont « évalués séparément par un jury spécifique intégrant des membres des lycées conventionnés », détaille l’école. Autrement dit, des places sont réservées aux prétendants les plus méritants.
A Branly, l’initiative ne date pas d’hier. Ici, le partenariat avec la grande école parisienne dure depuis seize ans. La convention signée jeudi ouvre droit à de nouvelles dotations du rectorat pour financer les heures supplémentaires des enseignants. En seize ans, seize candidats Châtelleraudais ont réussi à intégrer Sciences Po, à Poitiers ou ailleurs. « Ça n’a l’air de rien mais pour un territoire comme le nôtre, c’est une grande victoire, assure le proviseur Philippe Palisse. L’espoir qu’on peut leur donner à travers cette convention est supérieur à tous les discours. » Et ceux qui ont raté ? Ils sont allés en prépa, dans un autre Institut d’études politiques ou à la fac… En tout cas, ils ont compris qu’ils avaient le droit, eux aussi, de poursuivre des études.
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