En granulés ou en bûches, ça chauffe pour le bois

La hausse constante du prix des énergies fossiles et la promotion des énergies renouvelables encouragent de plus en plus de particuliers à investir dans un système de chauffage au bois. Bûches ou granulés, chacun peut faire son choix.

Claire Brugier

Le7.info

Entre le renouvellement des inserts installés dans les années 80 et les encouragements, éthiques et financiers, à limiter les énergies fossiles, le bois ne cesse de se développer sur le marché du chauffage individuel. Philippe Audiguet, gérant de Poëles et Cheminées du Poitou, à Neuville, n’en fait pas étalage mais la crise n’a pas affecté son activité. A bois ou à granulés, les poêles et inserts à foyer fermé se vendent bien, avec des atouts que les précédentes générations n’avaient pas. « Les appareils d’aujourd’hui sont plus performants qu’il y a dix ans. Les vitres ne s’encrassent pas comme auparavant et la double combustion permet un rendement de plus de 90%. » Contre 65 % pour les inserts ancienne génération, le delta est de taille. Même les bûches ont changé de format. « On adapte les bûches à la taille du poêle et la taille du poêle au volume à chauffer », résume Benoît Beaufils, de Bois Environnement Energie. Premier maillon de la chaîne du chauffage bois, l’entreprise vivonnoise est capable de transformer quotidiennement entre soixante et cent stères de frêne, chêne, châtaigner… Des feuillus durs « issues d’éclaircies », précise l’entrepreneur, attentif à la réglementation environnementale que le Plan d’action pour le développement du chauffage au bois (juillet 2021) devrait encore renforcer. « Nos bois sont en régénération ou sur rejets. Ils ont entre 24 et 36 mois d’abattage. »

Une demande croissante

Depuis la création de Bois Environnement Energie en 2018, « la production double tous les ans. De 3 500 stères l’an dernier, elle devrait s’établir à 6 000 stères cette année, estime Benoît Beaufils. Le marché est florissant. » Il évolue aussi. « Plus les bûches sont fines, mieux on gère la chaleur et plus on économise la ressource. Aujourd’hui, nous proposons quatre formats de bûches : les 25cm représentent 10% de la demande, les 33cm 25%, les 40cm 15% et les 50cm 50%. Mais on vend de plus en plus de 25 et 33cm. Dans cinq ans, le volume des 50cm aura largement baissé. » Les prix varient en fonction du degré de transformation. « Actuellement, il faut compter 50€/m3 pour des chutes de bois, 65€/m3 de bûches d’1m, 69€/m3 pour 50cm, 71€/m3 pour 40cm, 76€/m3 pour 33cm et 78€/m3 pour 25cm. » La demande est là. Pour la satisfaire, Bois Environnement Energie a même mis en place un service de livraison aux particuliers à partir de deux stères et un « drive » à partir d’un stère. « Avec nos deux camions, nous pouvons livrer jusqu’à 
200 stères par semaine, dans un rayon de 40km. » Pour compléter son offre, Benoît Beaufils assure un service de négoce de granulés. Dans ce secteur aussi, la demande est croissante. « En deux ans, on est passé de 26 à 110 palettes. » Les granulés produisent « un chauffage agréable qui se rapproche du confort du chauffage central », constate de son côté Philippe Audiguet. Mieux encore, grâce aux progrès de la domotique, il existe désormais des poêles à granulés pouvant être commandés à distance.

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