Aujourd'hui
Acceptabilité
L'édito de la semaine est signé Arnault Varanne.
Des producteurs, des consommateurs et, au milieu, des paniers de légumes, des fruits, de la viande, du pain… livrés chaque semaine à une adresse donnée. Le concept d’Amap a fait ses preuves depuis vingt-cinq ans et la première à émerger dans les Bouches-du-Rhône. La crise sanitaire de 2020 a en quelque sorte consacré le modèle du circuit court. Mais, parce qu’il y a un mais, les Amap de la Vienne -une vingtaine à ce jour- ne connaissent pas toutes le succès. A Chasseneuil-du-Poitou, l’association Court-circuit s’attend à une saison 2026 compliquée avec une vingtaine de paniers commandés toutes les semaines contre le double en période post-Covid.
« Peut-être qu’on ne communique pas assez, observe Delphine Ladril, membre du bureau. On remarque que les gens qui ne renouvellent pas leur adhésion le font soit parce qu’ils considèrent que c’est contraignant de venir récupérer leur panier chaque semaine (vendredi, entre 18h et 19h, ndlr), soit parce qu’ils ne peuvent pas choisir leurs légumes. » La crise du pouvoir d’achat ? A 10 ou 15€, pour des familles de quatre personnes, l’argument semble secondaire. L’Amap de Chasseneuil-du-Poitou travaille avec les Jardins de Berthegon et d’autres producteurs (pommes, pain...). « Certains commencent à nous dire que le déplacement ne vaut pas le coup pour aussi peu de commandes », ajoute Delphine Ladril. Si l’association compte une cinquantaine d’adhérents, seule la moitié achète un panier. Les autres consomment « au coup par coup ».
Les Amap boudées par les consommateurs ? La situation semble plus nuancée. « L’hiver, les particuliers sont un peu moins motivés parce que la variété de légumes est plus réduite », note Isabelle Fournier. La codirigeante des Vergers de Savoie, à Vouneuil-sur-Vienne, fournit les Amap de Chasseneuil-du-Poitou, Saint-Benoît ou encore Nouaillé-Maupertuis. Une Amap des Fines herbes qui soufflera en juin sa 13e bougie et se porte bien. « Nous avons environ 70 adhérents, un chiffre assez stable, remarque Alicia Irani, administratrice, avec une trentaine de paniers de légumes par semaine. Les gens sont assez fidèles aux producteurs ». Au-delà des légumes, les Nobiliens peuvent se procurer pain, fromage, œufs, fruits et, ponctuellement, de la bière, du miel, des pâtes… « Ce qui fonctionne, c’est l’échange direct avec les producteurs, estime Alicia Irani. Quand des liens se créent, on ne change pas ses habitudes. »
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