L’Eurovision vu par Roi Madame

L’artiste drag se produira samedi à la Scène Maria Casarès, avec une conférence-spectacle décalée sur les plus grandes polémiques de l’Eurovision, qui fête ses 70 ans. Show devant…

Arnault Varanne

Le7.info

Ses premiers souvenirs remontent à 2006 et la victoire du groupe finlandais Lordi avec sa chanson « Hard Rock Hallelujah ». Matthias Bardoula est ce que l’on appelle dans le jargon un « Eurofan », littéralement un passionné du concours Eurovision de la chanson né en 1956. « A partir de 2017-2018, je m’y suis vraiment mis assidûment, glisse l’artiste drag plus connu sous le pseudo de Roi Madame. Avec des amis, nous avons organisé des soirées entières. Il y a tout dans l’Eurovision : un spectacle, de la grandiloquence, des paillettes, de l’humour, du sociétal, de la géopolitique… C’est transdisciplinaire ! » A tel point que le chorégraphe et danseur -il dirige la compagnie Apparaître- a mûri au fil des années un projet de conférence drag baptisé Eurodrama.

70 ans

Ce samedi, jour de l’Europe, Roi Madame se produira sur la Scène Maria Casarès pour exhumer, à sa manière, les plus grandes polémiques qui ont jalonné les sept dernières décennies du concours. « A commencer par le baiser entre les artistes danois en 1957, qui a duré onze secondes et choqué le public et le jury. On était prudes à l’époque ! » L’exclusion de la Russie en 2022, le maintien d’Israël en 2024, la victoire contestée de la drag queen Conchita Wurst en 2014… Ces « eurodramas » ont forgé la réputation d’un concours à nul autre pareil, qui a aussi révélé ABBA, Céline Dion ou encore France Gall.

Géopolitique et musique

« Kitsch » et « ringard » l’Eurovision ? Pas tant que cela. En tout cas, il réunit chaque année plus de 180 millions de téléspectateurs, ce qui en fait l’événement le plus regardé, hors compétitions sportives. « Le concours raconte une certaine idée de l’Europe, de sa construction », appuie Roi Madame. L’occasion de dresser des parallèles entre musique et fractures géopolitiques, dans une ambiance détendue. Avec Eurodrama, l’artiste entend livrer « un récit documenté, critique et festif ». 
Et interactif puisque les spectateurs auront droit à un quiz pour « réviser leur géo », source de quelques anecdotes croustillantes. Bref, attendez-vous à 1h15 intense, à un 
« hommage autant qu’un espace de réflexion où le drag devient un prisme pour regarder autrement cet objet curieux et unique qu’est l’Eurovision ».

Eurodrama, samedi, à 19h à la Scène Maria Casarès, à Poitiers. Tarifs : 3,5€ (Joker) 10€ (réduit) et 15€ (plein tarif). 
Infos et réservations sur 
scenecasares.fr/evenements 
ou au 05 49 13 53 77.

DR Matthias Bardoula

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