Aujourd'hui
Acceptabilité
L'édito de la semaine est signé Arnault Varanne.
Chaque jour, à Poitiers, 350 adultes veillent sur des milliers d’élèves, matin, midi et soir, sur les temps périscolaires, sous le regard de 26 responsables. Leur mission est claire. Au-delà d’éventuelles animations, ils doivent « assurer la sécurité physique, affective, émotionnelle et psychologique des enfants », dixit Mélanie Ayel-Corbineau, directrice éducation et accueil périscolaire à la Ville. Des missions balisées mais entachées, à l’échelle nationale, par la révélation de nombreux scandales à Chauvigny et Valdivienne, Paris ou plus récemment à Tours. Dans ces cas précis, plusieurs animateurs sont poursuivis pour des faits de viols ou d’agressions sexuelles.
La question se pose : faut-il resserrer les mailles du filet à l’heure de recruter de nouveaux animateurs ? Aujourd’hui, au-delà des diplômes (Bafa, BPJEPS…), chaque collectivité est tenue de vérifier le casier judiciaire B2 des candidats. « On a un double contrôle, en vérifiant qu’ils ne sont pas inscrits au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles et donc interdits d’exercer avec des enfants, ajoute Mélanie Ayel Corbineau. Tous les ans, nous déclarons en parallèle les animateurs sur la plateforme Tam (Téléprocédure d'accueil de mineurs). Si en cours d’année, un animateur est condamné, cela ressort et les services Jeunesse et Sports nous préviennent… » Ce n’est encore jamais arrivé à Poitiers, en revanche la collectivité a déjà mis un terme à des « intentions de recrutement » avec des candidats dont la probité n’était pas totalement garantie.
Compte tenu du contexte, Poitiers a cependant démarré, en lien avec la Maison de protection des familles, une vaste réflexion pour sensibiliser « les animateurs, responsables et enfants aux questions des violences physiques et sexuelles, et aussi à la notion de consentement ». Un plan d’action concret devrait se mettre en place dès l’année prochaine. « En plus des contrôles de l’Etat dans nos accueils, les services et élus peuvent aller vérifier que tout se déroule bien », précise Emilienne Rezac, adjointe au maire en charge du Périscolaire, à l’Accompagnement à la scolarité et aux Vacances.
La tâche est loin d’être simple sachant que le métier d’animateur périscolaire attire peu, en raison d’horaires atypiques, d’une rémunération peu attractive et de contrats souvent sur dix mois… D’où la politique de déprécarisation engagée par Poitiers pour former et fidéliser ses personnels, tout en évitant un turnover trop important à chaque rentrée. « C’est la garantie d’un service de qualité pour les usagers », assure l’élue. Depuis 2022, 91 professionnels ont bénéficié d’une montée en compétences en même temps que d'un changement de statut. « Et cela devrait se poursuivre dans les années à venir », complète la directrice. N’empêche, à partir de juin, la collectivité prévoit encore de recruter entre 40 et 50 personnes pour la rentrée 2026.
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