Aujourd'hui
Acceptabilité
L'édito de la semaine est signé Arnault Varanne.
Je crois profondément à la force de l’engagement associatif. Si je m’y suis investi(*), ce n’est pas pour occuper mes soirées, ni pour chercher une quelconque reconnaissance. C’est parce que je crois qu’un territoire vit aussi grâce à celles et ceux qui acceptent de donner du temps… et parfois beaucoup d’eux-mêmes pour faire avancer un projet collectif. Mais il faut le dire simplement : s’engager n’est pas un loisir.
Une association, ce n’est pas seulement « donner un coup de main » quand on a un moment. C’est répondre présent, écouter, organiser, décider, expliquer, gérer les imprévus, parfois encaisser. C’est porter une responsabilité, souvent en plus du reste : le travail, la famille, les obligations personnelles, la fatigue, les doutes. Je ne me plains pas de cet engagement. Je l’ai choisi. Et je sais ce qu’il m’apporte. La vie associative crée du lien, fait se rencontrer des personnes qui ne se seraient peut-être jamais parlé autrement, transforme des idées en actions concrètes.
Mais cet engagement a un coût. Pas forcément financier. Un coût en temps, en disponibilité, en charge mentale. Il se glisse dans les soirées, les week-ends, entre deux rendez-vous professionnels ou familiaux. Il arrive que l’on donne du temps que l’on n’a pas vraiment. Et pourtant, je continue. Comme beaucoup d’autres bénévoles continuent. Pas pour être mis en avant. Mais parce que nous savons que sans bénévoles, beaucoup de projets locaux n’existeraient tout simplement pas.
Je crois aussi qu’une association tire sa force de sa diversité. On n’y entre pas tous avec la même histoire, les mêmes convictions, les mêmes sensibilités. Nous pouvons avoir des différences politiques, sociales, culturelles ou générationnelles. Elles existent. Mais elles ne devraient jamais empêcher le respect.
Pour moi, une association n’est pas un lieu où tout le monde doit penser pareil. C’est un lieu où l’on accepte d’avancer ensemble autour d’un objectif commun. Un lieu où l’on devrait pouvoir débattre sans se déchirer, ne pas être d’accord sans se caricaturer. Le monde associatif n’est pas parfait. Il peut être exigeant, fatigant, parfois même douloureux lorsque les choses sont mal comprises ou déformées. Mais il reste l’un des rares espaces où l’on peut encore bâtir quelque chose qui dépasse les intérêts individuels. Alors oui, s’engager n’est pas un loisir. C’est un choix. Une responsabilité. Parfois une épreuve. Et celles et ceux qui font ce choix méritent au minimum une chose : que leur engagement soit respecté.
(*)Il est président de Poitiers Le Centre.
CV express
Entrepreneur engagé, circulaire et solidaire. Après un début de carrière dans l’événementiel de la mode, j’ai choisi d’accompagner les acteurs engagés vers des pratiques responsables, en me spécialisant dans la communication bas carbone. Aujourd’hui, je développe des événements créatifs et durables pour promouvoir notamment une mode plus éthique et sensibiliser le grand public comme les professionnels.
J’aime : passer du temps en famille, la musique classique, les livres et les podcasts d’histoire, flâner en centre-ville de Poitiers, le triathlon (passion naissante !).
J’aime pas : la guerre, la fast et l’ultra fast-fashion, les râleurs, les clichés, attendre !
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