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En moyenne, le nombre quotidien de passages aux urgences pédiatriques du CHU de Poitiers est de cinquante enfants. Vendredi dernier, il a atteint quatre-vingts ! L’épidémie de bronchiolite qui sévit actuellement sur toute la France n’est évidemment pas étrangère à cette situation. Non seulement l’infection virale, qui d’ordinaire se manifeste de mi-novembre à mi-janvier, est plus précoce cette année -elle a débuté dès octobre- mais elle est plus intense. « Le chiffre des consultations et des hospitalisations a doublé, note le Dr Erwan Ripley, co-responsable du service. Sur les vingt premiers jours de novembre, nous avons enregistré 145 passages (ndlr, toutes pathologies confondues), contre 65 sur la même période l’an dernier. 47 d’entre eux concernaient des enfants de moins de 3 mois (ndlr, 22 en 2021). » Ces derniers sont particulièrement touchés par la bronchiolite. « Sur les 45 hospitalisations enregistrées pour bronchiolite depuis début novembre, 24 concernaient des nourrissons de moins de 3 mois. » En cause, « une forte circulation du virus respiratoire syncytial et du rhinovirus, avance le Dr Ripley. Selon les premiers indicateurs, les épidémiologistes estiment que moins de personnes ayant été infectées pendant la crise Covid, la population a en quelque sorte une dette immunitaire. Pour les nourrissons, la défense immunitaire étant transmise par les mamans… » Les bébés se retrouvent sans défense. Et les services de pédiatrie « débordés dans [leurs] capacités d’hospitalisations », atteste le chef de service.
Pour autant, le CHU, à la différence de nombreux hôpitaux français, n’a pas activé son « plan blanc » à la suite du déclenchement, par le ministre de la Santé le 9 novembre, du dispositif Orsan. Pour faire face à la situation, les urgences pédiatriques, « sous tension des effectifs depuis des années » -elles ont même fermé ponctuellement dans la nuit du 1er au 2 octobre- a ouvert cinq lits supplémentaires d’hospitalisation. « Depuis vendredi dernier, ils sont pleins », note le Dr Ripley. « Nous avons dû faire appel à du personnel d’autres unités ayant des compétences en pédiatrie, mais aussi à de l’intérim et à des gents à la retraite (ndlr, cinq personnes au total), souligne Alain Lamy, directeur du Pôle femme-mère-enfant. Mais c’est une solution ponctuelle. Notre préoccupation aujourd’hui est de maintenir ces lits ouverts. » La réflexion est en cours pour trouver une solution à moyen terme. D’autant qu’« on ne sait pas comment cela va évoluer, constate le co-responsable des urgences pédiatriques. Le pic devrait intervenir mi-décembre ».
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