Elle court, elle court la vie pour les époux Puisais

Micheline et Jean-Pierre Puisais ont débuté la course à pied ensemble, terminé pas moins de cinquante marathons à eux deux et continuent de battre de concert bitume et sous-bois l'un avec l'autre. Pas mal pour des petits jeunes de 85 et 86 ans installés à Nouaillé-Maupertuis.

Nicolas Boursier

Le7.info

Ne vous a-t-on jamais dit -ce serait, paraît-il, l'adage des sages !- que pour toucher au bonheur, un homme devait avoir une santé de fer, un moral d'acier et... une femme en or (sic) ? A l'évidence, Jean-Pierre Puisais est un heureux homme. Non content de sourire à la vie et à l'avenir, ce Nobilien de 
86 ans soumet depuis toujours son corps au réconfort d'un entretien régulier. Mieux encore, c'est aux côtés, ou quelques foulées devant elle, de Micheline, son épouse depuis soixante-cinq ans, qu'il court, qu'il court encore, qu'il court toujours. « En moyenne 
10 à 12 kilomètres deux à trois fois par semaine, à mon rythme », 
sourit-il. « Moi, j'en fais un peu moins maintenant, tranche Micheline. Surtout en compétition. Par exemple, au trail du Buxerolles (22 février, ndlr), je me suis contentée des 5km. Mon mari, lui, en a fait 12. »

Cinquante marathons 
au compteur

La compet', parlons-en ! Les deux tourtereaux l'ont découverte au milieu des années 
90, dans le souffle de leur adhésion au club de Vienne Biathlon. A leur compteur, toutes les foulées, 10km ou semi-marathons du coin, mais aussi et surtout cinquante marathons, dix-sept pour Madame, trente-trois pour Monsieur. Dont les incontournables monuments de Paris (sept fois quand même !), 
Chambord (le premier d'entre tous, couru, en 1999, à 60 ans par Jean-Pierre, en... 3h45) Mont Saint-Michel, La Rochelle, Médoc... et une poignée d'exotiques (Istanbul, Québec, Amsterdam, Marrakech, Lisbonne...). « Trop chaud Lisbonne, trop chaud ! », soupire Micheline.

Le dernier en commun ? « Paris 2021 », se souviennent-ils en chœur. « A cause du Covid, se remémore l'ancienne conseillère municipale, nous étions très éloignés l'un de l'autre au départ, j'ai dû m'élancer au moins trois heures après lui. Je n'ai pas aimé. » Désormais, la distance de 42,195km est trop longue pour combler de plaisir nos quêteurs d'émotions et satisfaire un appétit devenu moins pantagruélique avec le temps. « Courir est un vrai besoin et un réel plaisir, reconnaît Jean-Pierre. Cela participe à notre équilibre et entretient notre forme, mais il faut savoir aussi raison garder. J'ai effectivement plus de trente marathons à mon actif, mais aussi deux 100km, à Belvès et Millau. Aujourd'hui, je ne vais plus au-dessus du semi, comme celui du Futuroscope, que je courrai le 12 avril prochain, si ma mission de bénévole m'en laisse l'opportunité. » Micheline, elle, s'alignera au départ du 5km féminin du vendredi soir à Poitiers. « Et ce sera bien suffisant, rigole-t-elle. A nos âges, faut pas pousser non plus ! » Quels âges déjà ?

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